L’agitation règne sur la scène politique tchèque

Mirek Topolánek (Foto: CTK)

Après la défaite du camp gouvernemental aux élections régionales et ses pâles résultats au premier tour des sénatoriales, on ne peut pas dire que la scène politique soit particulièrement calme en Tchéquie. Que se passe-t-il donc au sein de la coalition gouvernementale, mais aussi de l’opposition ?

Mirek Topolánek, photo: CTK
La coalition gouvernementale a essuyé une cuisante défaite et son leader, le Parti civique démocrate (ODS) est bien conscient du fait que des changements s’imposent. Le plus concerné est, certainement, le président de l’ODS et Premier ministre, Mirek Topolánek, pour qui il est difficile de se faire à l’idée de perdre tous les conseils régionaux, sauf Prague où les régionales n’ont pas eu lieu. Pourtant, il peut pavoiser car son cabinet a résisté, pour la quatrième fois, à la motion de censure présentée par les sociaux-démocrates. Le Premier ministre est tellement préoccupé par la tension qui règne sur la scène politique, mais aussi au sein de son propre parti l’ODS, qu’il vient d’annuler son voyage officiel aux Etats-Unis, comme le confirme l’ambassadeur tchèque à Washington, Petr Kolář :

« Le voyage du Premier ministre qui devait commencer le 29 octobre, n’aura pas lieu. Une nouvelle date sera fixée par la voie diplomatique. La partie américaine a fait preuve de compréhension pour cette décision et attend que nous proposions une nouvelle date. »

Il est clair que le chef du gouvernement considère la situation politique comme grave pour en arriver à annuler une rencontre avec le président George Bush au cours de laquelle les questions de la crise financière, du système antimissile en Tchéquie et de la sécurité des sources énergétiques européennes devaient être évoquées. La tension règne au sein de l’ODS où les changements sont à l’ordre du jour. Petr Bendl, président du Conseil régional de la Bohême centrale, battu aux élections, ne pense pas qu’il suffise de renvoyer le ministre de la Santé, Tomáš Julínek, dont les réformes seraient la cause de la défaite du parti. Il pourrait bien remplacer Mirek Topolánek à la présidence du parti et vient de refuser un poste au gouvernement. Il précise :

Jiří Paroubek, photo: CTK

« L’ODS doit effectuer une profonde analyse en elle-même, et il ne s’agit pas seulement de changer quelques postes au gouvernement. Cela ne serait vraiment pas assez. »

En dépit de leur victoire aux régionales, les sociaux-démocrates vivent un peu dans la zizanie. En effet, leur président Jiří Paroubek a déclaré ce jeudi qu’il n’était pas question de mener des négociations avec l’ODS lors de la composition des conseils régionaux, alors qu’il ne serait pas tout à fait contre une coopération même avec les communistes. Cependant, les leaders régionaux du parti ne refusent pas vraiment une coalition avec l’ODS et mènent des négociations avec tous leurs partenaires potentiels. L’agitation sur la scène politique tchèque pourrait bien encore monter la semaine prochaine, après le second tour des sénatoriales de ce week-end.