Le conflit au Proche-Orient : la presse tchèque à l'épreuve de l'objectivité

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La situation dramatique au Proche-Orient trouve un large écho dans la presse tchèque, tandis que les réactions de la représentation politique se font rares. On note pourtant que le chef de la diplomatie tchèque, Cyril Svoboda, s'est félicité du fait que le document adopté à Bruxelles par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et invitant les deux parties du conflit à l'armistice, reconnaisse - sur l'initiative tchèque entre autres - « le droit légitime d'Israel à l'autodéfense ». Les journaux nationaux de ce mardi mettent en outre en relief que la République tchèque est un pays qui prend, traditionnellement, la défense des intérêts israéliens.

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« Les Tchèques ont toujours eu des rapports privilégiés avec l'Etat d'Israel, sachant bien jusqu'où peuvent aller les concessions à l'égard de ceux qui veulent détruire un pays », explique un commentaire paru dans le quotidien économique, Hospodarske noviny. Le seul journal tchèque d'ailleurs à placer ce conflit à la une. L'auteur du commentaire rappelle que « Jan Masaryk a contribué à la naissance d'Israel, que les écrivains tchèques l'ont soutenu pendant la Guerre des Six jours, en 1967, et que la politique tchèque après la chute du régime communiste a toujours été pro-israélienne, sous des cabinets de droite et de gauche »... En décrivant la situation au jour le jour dans la région, Hospodarske noviny constate qu'il s'agit du conflit « le plus terrible au Proche-Orient au cours des vingt dernières années ». Et comme les autres journaux, il dresse un bilan des victimes.

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« Le Liban - la chute de la Suisse du Proche-Orient », titre le quotidien le plus lu, Mlada fronta Dnes, qui évoque l'évolution que le Liban a subie, dès son indépendance, en 1943. Et de conclure : « Depuis la moitié des années 70, aucun gouvernement libanais n'a réussi à avoir sous contrôle les groupements militants, orientés notament contre Israël, dont le Hezbollah... Pourtant, la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU de 2004 souligne la nécessité du désarmement des milices exerçant au Liban ».

Lidove noviny donne la parole au journaliste tchèque Tomas Etzler qui travaille pour la CNN et qui suit la situation à Damas. Il dit : « Les réfugiés libanais son d'accord pour dire que la guerre a augmenté le soutien envers le Hezbollah. Il est à présent défendu même par ceux qui, auparavant, étaient contre lui. Tout le monde est fâché contre Israël, du fait qu'il n'attaque pas les positions du Hezbollah, mais la population civile ».

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« Les raids du Hezbollah peuvent atteindre jusqu'à Tel-Aviv », affirme le journal Pravo qui offre une information sur les missiles dont le Hezbollah disposerait. Parlant des récentes négociations diplomatiques à Bruxelles, il fait mention d'une manifestation des Libanais établis en Belgique, devant le bâtiment du Conseil de l'UE et dénonçant « le terrorisme d'Etat » d'Israël.

« Dans les tenailles entre le Hamas et le Hezbollah », titre de façon éloquente un commentaire dans l'hebdomadaire « intellectuel » Respekt qui continue : « Israël lutte sur deux fronts et le monde s'interroge : que faire de l'Iran qui dirige tout cela ? »

Tous les journaux tchèques informent également sur les évacuations des ressortissants étrangers du Liban, parmi lesquels des dizaines de Tchèques qui sont déjà revenus dans le pays.