Le ministre de l'Intérieur tchèque : Stop à l'extrémisme

r_2100x1400_radio_praha.png

Déclaration de guerre du ministre de l'Intérieur tchèque aux mouvements extrémistes de tous bords, à l'issue d'un concert néonazi, dans la banlieue pragoise. Pourquoi ? Une question à laquelle répond Alain Slivinsky.

Samedi dernier, un concert de groupes néonazis et racistes a eu lieu, dans la commune de Senohraby, la grande banlieue de Prague. Il est vrai que ce concert, qui a attiré dans les 400 extrémistes de droite, venus de Tchéquie, Slovaquie, Pologne et Allemagne, s'est déroulé sans heurt et trouble de l'ordre. Réponse de la police à un tollé de critiques à son égard. En effet, les forces de police, présentes sur les lieux, ne sont pas intervenues. Et les personnalités et organisations qui critiquent l'absence de cette intervention de demander : « Comment se fait-il, que la police ne fasse rien contre la violation flagrante de la loi sur l'interdiction de la propagation du nazisme, fascisme, racisme » ? Si trouble de l'ordre, en effet, il n'y a pas eu, la télévision a diffusé des images montrant les participants faisant le salut nazi, devant les autobus décorés de croix gammées. L'appellation même de la manifestation « Concert pour ta race » est en quelque sorte raciste. Le président de la République, Vaclav Havel, s'est déclaré choqué par la conduite de la police : « J'ose espérer que le rôle de la police, dans cette affaire, sera l'objet d'une enquête sérieuse. Je n'arrive pas à m'imaginer qu'un groupe de musiciens portant sur leurs tee-shirts l'inscription Juden Mord (Mort aux Juifs), puisse arriver ici, sans que rien ne se passe ». Le chef de l'Etat n'est pas le seul à être indigné. Le délégué gouvernemental aux droits de l'homme, Jan Jarab, pense porter plainte. C'est chose faite, par un activiste de gauche accusant le président de la police « d'entrave à la bonne marche du service public par négligence ». Et le plus concerné, dans tout cela, le ministre de l'Intérieur, Stanislav Gross ? Après sa rencontre avec le président de la police, Jiri Kolar et les chefs des directions régionales de la police, il a déclaré : « La question de la lutte contre les extrémistes devient une priorité pour moi ». Il s'agira surtout d'une application plus rigoureuse des lois existantes et de mesures plus sévères contre les extrémistes venant de l'étranger : établissement de fichiers sur ces personnes et interdiction de séjour.