Le projet « Europatriot » d’Andrej Babiš pour défendre le ciel européen
Le Premier ministre tchèque a participé à la réunion de la coalition des pays volontaires qui s’est tenue à Paris, lundi. L’occasion pour lui d’évoquer comment il envisageait la défense aérienne européenne commune.
Alors que 500 soldats de sept des pays de la Coalition des volontaires ont accompagné les troupes françaises et ont eux aussi défilé sur les Champs-Élyéses, ce mardi, à l’occasion du 14-juillet, dans l’idée de démontrer que l’Europe est unie avec ses alliés pour faire face à la menace russe, la veille, lundi donc, toujours à Paris, les dirigeants de neuf pays européens (Royaume-Uni, Danemark, France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Espagne et Suède) s’étaient eux mis d’accord avec l’Ukraine pour créer une coalition en faveur d’une défense européenne intégrée contre les missiles balistiques.
Si la République tchèque ne participe pas pour l’heure à cette initiative, son Premier ministre a néanmoins bien assisté à ce sommet des Volontaires. Et dans un entretien accordé en marge de cette réunion à la Télévision tchèque, Andrej Babiš, après, a-t-il indiqué, « en avoir parlé avec le président français Emmanuel Macron », a déclaré que, « à certaines conditions », Prague pourrait être intéressé et contribuer à la mise en œuvre de l’action de cette coalition de nature purement défensive.
Parmi ces conditions, le chef du gouvernement tchèque souhaite que cette initiative ne concerne que des États membres de l’Union européenne et s’oppose donc à la participation du Royaume-Uni, seul non-membre parmi les neuf pays pour l’instant engagés dans la réalisation du projet.
« Ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai appris l’existence d’une telle chose. Par le passé, il y a eu énormément de déclarations de ce genre de la part des coalitions, mais leur mise en œuvre ensuite ne s’est pas concrétisée. L’essentiel est que les principaux pays – la France, l’Allemagne et les autres grands pays, c’est-à-dire l’Italie et les Pays-Bas – se mettent d’accord là-dessus. Il ne faut pas que chacun s’efforce de produire à nouveau des missiles antibalistiques, mais plutôt qu’il s’agisse d’un projet commun des États membres de l’UE », a-t-il expliqué au micro de la Télévision tchèque.
Par ailleurs, cette réunion à Paris a aussi été l’occasion pour Andrej Babiš d’appeler à la création d’un projet commun de défense aérienne européenne, le leader du mouvement ANO considérant que les systèmes actuels en Europe sont trop fragmentés et ne bénéficient pas d’une coordination suffisante en matière de production.
Citant le constructeur aéronautique Airbus en exemple, le Premier ministre tchèque a rappelé que si, « [cette] production en Europe était autrefois fragmentée entre plusieurs pays », la naissance du projet a permis de « regrouper de nombreux producteurs européens ». « J’ai donc proposé que nous suivions aujourd’hui le même modèle en créant un projet européen commun de défense aérienne [qui serait] baptisé Europatriot », a-t-il conclu.






