Les jeunes Tchèques s’y connaissent en technologies modernes

Photo: Beat Saber

Les succès tchèques dans le domaine des technologies modernes méritent d’être davantage connus et médiatisés. Pourquoi ? Réponse dans cette nouvelle revue de presse. Impossible de faire l’impasse sur l’épidémie de coronavirus alors que plusieurs pays voisins de la Tchéquie ont annoncé l’existence de plusieurs cas sur leur territoire. Nous nous intéresserons également à la loi dite de « lustration », toujours en vigueur dans le pays. L’élevage de poules en cages qui fait désormais l’objet de nombreuses critiques sera un autre sujet traité, avant d’évoquer brièvement le départ des troupes soviétiques du territoire tchécoslovaque il y a trente ans de cela.

Photo: Beat Saber
Le supplément hebdomadaire Orientace du quotidien Lidové noviny a décidé d’accorder désormais plus de place aux succès tchèques dans le domaine des technologiques modernes. Une façon de contribuer à leur médiatisation, car pour un pays qui n’est pas une puissance technologique comme l’est, par exemple, l’Estonie, sans parler des tigres asiatiques, ils sont toutefois assez marquantes. Le texte publié dans son édition de samedi dernier a précisé à ce sujet :

« Parmi les derniers succès en date, il convient de citer le jeu de combat sur mobile Smashing Four produit par la société tchèque Geewa. Suivi quotidiennement par près de 200 000 personnes, il figure parmi les 250 jeux les plus populaires au monde. Beat Saber et Kingdom :Deliverance sont les noms de deux autres jeux vidéos de jeunes auteurs tchèques qui se sont fait un vrai nom à l’international. »

Toutefois, les jeux vidéos ne sont pas l’unique domaine dans lesquel les talents tchèques s’expriment. Le journal Orientace met notamment en relief la société tchèque Avast qui a créé l’antivirus le plus populaire et qui semble représenter la société tchèque la plus connue au monde. A noter toutefois qu’elle s’est retrouvée récemment sur la sellette en raison de la gestion catastrophique qu'elle fait des données personnelles qu’elle récolte : une enquête a en effet montré que l’éditeur revendait à des tiers les données de ses centaines de millions d’utilisateurs.

En ce qui concerne Seznam.cz, premier portail internet et moteur de recherche de République tchèque, il doit son succès plutôt à la scène locale, certaines de ses applications étant pourtant à même de défier la concurrence globale.

S’agissant de succès technologiques tchèques qui ne sont pas liés seulement à l’informatique, il indique en premier lieu la société Prusa Research, spécialisée dans la production des imprimantes 3D, devenue numéro deux mondial. Il cite enfin une société, développée par deux étudiants tchèques, qui produit des systèmes hi-fi de haute qualité, très appréciées sur le marché mondial et qui a son siège dans un petit village morave de près de 1 400 habitants, Červenka.

Epidémie de coronavirus : un optimisme modéré en Tchéquie

Photo: ČTK/Igor Zehl
En attendant l’apparition du coronavirus également en Tchéquie qui, très probablement, n’est qu’une question de temps, les représentants politiques locaux mettant en garde contre la panique et assurent que le pays est bien préparé pour faire face à une éventuelle épidémie. S’appuyant sur des arguments logiques, le ton du commentateur du site novinky.cz est également prudemment optimiste :

« Il faut saluer le fait que des milliers de lits soient réservés à des cas graves. Notre pays est bien organisé, disposant de médecins civils et militaires reconnus dans le monde entier. Le trésor public dispose d’assez de moyens pour combattre l’épidémie. »

Un autre point positif à retenir, toujours selon le commentateur du site novinky.cz, c’est que la menace de pandémie et les prévisions en baisse pour l’économie mondiale, sortie tout juste de sa dernière crise, motive les Etats et la communauté internationale à une large coopération pour trouver un médicament ou un vaccin. « On a survécu aux précédentes épidémies comme la maladie de la vache folle, les virus MERS et SARS, la mortalité de ce dernier ayant oscillé autour de 10%. Une raison de plus d’espérer cette fois-ci encore un dénouement heureux », conclut-il.

L’élevage de poules en cages en question

Photo: Tereza Brázdová, ČRo
Au fil de l’histoire, chaque génération a fait preuve de sa volonté d’améliorer de telle ou telle manière le monde qui était le sien. A l’heure actuelle, l’attention de la jeune génération est tournée en premier lieu vers les questions climatiques qui sont, en effet, de première importance. Mais, comme l’écrit l’auteur d’un article intitulé « Plus de dignité pour elles » et publié dans l’hebdomadaire Respekt, il existe, outre ces grands projets, d’autres façons moins spectaculaires de contribuer à un monde meilleur. Les démarches en vue de l’élimination des conditions de l’élevage des poules en cages en représentent un exemple :

« Cette habitude honteuse est liée à l’humanité depuis la naissance de l’agriculture industrielle ou, plus précisément, depuis le jour où pour des raisons économiques, les poules ont été enfermées dans des cages. Aujourd’hui, elles sont entassées à l’intérieur de ces cages de plus en plus serrées, sans fenêtres, qui ne permettent aucune sortie à l’extérieur. »

Force est de constater que le public et les politiques tchèques sont plus sensibilisés que jamais à la souffrance des poules vivant dans de telles conditions, notamment grâce à la diffusion de plusieurs reportages télévisés consacrés au problème. La possibilité d’interdire l’élevage en cages a été aussi débattu au Parlement, en dépit du refus catégorique du mouvement ANO, principale formation gouvernementale, indique l’hebdomadaire Respekt. Il informe également sur la campagne lancée à ce propos par l’association Défenseurs des animaux et intitulée Appel à Babiš avant d’indiquer que ce dernier, chef du mouvement ANO et Premier ministre, s’est déclaré prêt à rencontrer et à écouter les arguments de leurs représentants.

La loi de « lustration », près de 30 ans après

Photo: ČT
A l’heure actuelle, nous avons besoin de la loi dite de « lustration » plus que dans les années 1990, estime le commentateur du site aktualne.cz en lien avec le récent projet des députés communistes visant à supprimer de cette disposition législative. Adoptée en 1991, elle devait servir à protéger les institutions et l’Etat des anciens agents et autres collaborateurs des services secrets de l’ancien régime. Encore aujourd’hui, l’Etat accorde près d’un millier de certificats de lustration par an, dont 14 positifs au cours de l’année écoulée. Il écrit :

« Plus d’un signe de la situation politique et du climat actuel indiquent que la société tchèque n'a pas encore vraiment réglé son passé totalitaire, voilà pourquoi la suppression de cette loi ne serait pas une bonne chose. Peu équilibrée, la société en a hélas toujours besoin pour se protéger, au moins dans une certaine mesure. Cet impératif en dit d’ailleurs long sur la voie difficile qu’elle a parcourue depuis l’instauration du régime démocratique. »

L’espace public est actuellement envahi de mensonges sur l’ancien régime communiste, estime le commentateur. C’est en cela, selon lui, que réside une autre justification de la nécessité de cette loi. Après la chute du régime communiste, la mémoire de ses crimes était encore vive, tandis qu’aujourd’hui ils commencent peu à peu à tomber dans l’oubli, écrit-il. Un autre constat déplorable, c’est que les hauts représentants communistes ne veulent assumer aucune responsabilité de ce passé.

Lorsque les troupes soviétiques ont quitté le territoire tchécoslovaque

Václav Havel et Mikhaïl Gorbatchev, photo: ČT24
Dans l’histoire de chaque Etat on trouve des dates, des lieux, des événements et des personnalités qui sont enveloppés de mythes nationaux. D’un autre côté, on trouve pas mal de ceux qui sont injustement oubliés. La date du 26 février 1990 fait partie de ces oublis, estime le quotidien Deník N. Le jour où les chefs de la diplomatie de la Tchécoslovaquie et de l’Union soviétique de l’époque, respectivement Jiří Dienstbier et Edouard Chevardnadze, accompagnés de Václav Havel et Mikhaïl Gorbatchev, ont signé l’accord intergouvernemental sur le départ des troupes soviétiques du territoire tchécoslovaque. Le commentateur du journal a remarqué à ce propos :

« Ce n’est qu’après le départ des troupes soviétiques que la Tchécoslovaquie est devenue un pays entièrement libre et souverain. C’était le premier des pays du bloc soviétique quitté par les troupes. Avec trente ans de recul, on pourrait croire qu’il s’agissait d’un processus facile. En effet, le départ de l’armée s’est déroulé rapidement et correctement. Toutefois, les négociations qui ont précédé étaient tout sauf faciles. »

Le commentateur souligne que le départ des troupes soviétiques et la fin du rôle dirigeant du parti communiste dans la société constituent deux événements majeurs qui ont marqué la période d’après la révolution de Velours en 1989... L’hebdomadaire Reflex a de son côté rappelé que les troupes soviétiques comptaient à la fin de leur « séjour » sur le territoire tchécoslovaque 73 500 soldats et près de 40 000 membres de leurs familles. Leur présence a également eu pour conséquence la mort de 296 personnes et 577 blessés de même que des dégâts écologiques inestimables.