Moelle osseuse : le recrutement de nouveaux donneurs tchèques perturbé par la pandémie

Photo: Ivana Bernáthová, ČRo

En mars dernier, l’Institut tchèque de médecine clinique et expérimentale (IKEM) de Prague était à la recherche de donneurs de moelle osseuse pour une cinquantaine d’enfants et d’adultes atteints de leucémies et de graves maladies sanguines. Alors que le nombre de patients nécessitant un greffon ne diminue pas, la République tchèque, comme d’autres pays, risque de manquer de nouveaux donneurs. Depuis plusieurs mois, leur recrutement est sérieusement perturbé par la pandémie de Covid-19. 

L’annulation des grands événements sportifs et la fermeture des écoles supérieures notamment ont compliqué les campagnes de recrutement de nouveaux donneurs tchèques de moelle osseuse. Celles-ci visent en effet de jeunes adultes, en particulier des hommes de moins de 25 ans. En 2020, les deux registres nationaux qui existent à Prague et à Plzeň ont recensé près de 132 000 donneurs.

Le fichier des donneurs pragois créé en 1991 auprès de l’Institut tchèque de médecine clinique et expérimentale comptait auparavant entre 3000 et 3500 nouveaux volontaires par an. Dans le même temps, environ 500 donneurs potentiels en sont rayés chaque année pour avoir dépassé la limite d’âge de 55 ans ou en raison d'un problème de santé.

Photo: Ľubomír Smatana,  ČRo

En 2020, où la pandémie de coronavirus a empêché l’organisation des campagnes d’information et de recrutement « classiques », seules 1 200 personnes se sont inscrites dans le registre pragois. La tendance à la baisse se poursuit cette année, avec 49 volontaires au prélèvement inscrits en janvier dernier.

Selon les spécialistes, cette situation alarmante compromet les chances de guérison de nombreux enfants et adultes atteints de cancers du sang, ainsi que de maladies graves du système immunitaire.

Coordinatrice du fichier pragois, Gabriela Hošková explique comment se passe actuellement la recherche de nouveaux donneurs :

Gabriela Hošková,  photo: IKEM

« Il est difficile de motiver les gens à s’inscrire dans le registre en cette période de pandémie, car tout le monde est accaparé par le coronavirus. Nous essayons quand même de sensibiliser le public et de nous adresser aux donneurs potentiels en postant des messages et des vidéos sur les réseaux sociaux. Comme tout le monde, nous organisons des conférences en ligne et même un recrutement sur Internet. »

Désormais, il est donc possible de s’inscrire dans le registre sans être obligé de se rendre dans un centre de don :

« Les personnes intéressées peuvent s’enregistrer via notre site www.darujzivot.cz. Lors d’une consultation téléphonique, le candidat répond à un questionnaire médical. Si toutes les conditions sont remplies, le futur donneur peut recevoir son dossier d'inscription par courrier chez lui. Il effectue alors un prélèvement salivaire, il nous renvoie ensuite le résultat et le dossier. Si tout va bien, il peut être inscrit dans le registre. »

Photo illustrative: Chad J. McNeeley,  U.S. Navy,  Navy News Service,  public domain

L’Institut tchèque de médecine clinique et expérimentale affirme trouver un donneur de moelle osseuse pour 80% des patients. La plupart des greffons proviennent de donneurs anonymes, non-apparentés avec les patients. Plus de la moitié des malades tchèques trouvent un donneur à l’étranger, le plus souvent en Allemagne, en Pologne ou aux Etats-Unis, d’où l’importance des registres nationaux interconnectés. Ils sont une soixantaine dans le monde entier et comptent environ 38 millions de bénévoles au don. Un chiffre qui n’est pas si élevé que ça, comme l’explique Gabriela Hošková :

« Ce chiffre représente 1% de la population mondiale adulte. Ce n’est pas beaucoup. Il faut surtout se rendre compte que tous les registres nationaux doivent être renouvelés. Trouver pour un patient un donneur compatible n’est pas évident. C’est comme si on cherchait son jumeau identique, mais non-apparenté. Voilà pourquoi il nous faut rassembler le plus de donneurs possible. »

Auteurs: Magdalena Hrozínková , Zuzana Burešová
mot-clé:
lancer la lecture