Mon année pandémique en Tchéquie : de DJ à coursier

DJ Konix, photo: Facebook de DJ Konix

Le 1er mars a marqué le premier anniversaire de l’annonce officielle du premier cas de coronavirus dépisté en Tchéquie. A cette occasion, RPI vous propose des témoignages de personnes résidant en Tchéquie, de manière provisoire ou permanente, qui reviennent sur cette année extraordinaire.  Alors que notre série s’achève, Nicolas, livreur pour Wolt, revient sur son activité professionnelle, entre reconversion professionnelle et rendez-vous manqués avec les festivals.

Photo: Wolt

« Je vis à Prague depuis six ans maintenant. J’ai commencé le métier de coursier au mois de juin l’année dernière et c’est vraiment lié à la crise puisque avant ça j’étais dans l’événementiel. Au début, je faisais des allers-retours en France, je travaillais à Paris, et il y a deux ans, je me suis “recyclé”, j’ai trouvé du travail ici en tant qu’agent commercial. La pandémie est passée par là et on a été licenciés. Par chance, j’ai eu la possibilité de devenir coursier. Par chance car il y a une liste d’attente de 200 à 300 personnes pour le devenir, donc c’est assez dingue. Heureusement j’ai été pistonné, donc ça m’a bien dépanné. Là, je continue de le faire mais je viens de signer un nouveau contrat d’agent commercial pour un autre projet. Depuis quelques semaines je fais ça le weekend mais sinon je faisais ça comme activité principale. »

Vous avez commencé votre activité de coursier en pleine pandémie, à quoi ressemblait votre quotidien ?

Photo: Michaela Danelová,  ČRo

« Il n’y a pas vraiment eu de changement au niveau de la clientèle. En revanche, du côté des collègues, oui. Sur Wolt, ils avaient surtout des étudiants je pense et là j’ai croisé énormément de coursiers qui ont des parcours différents. Il y en a beaucoup qui viennent du spectacle, et même concernant la moyenne d’âge, qui était de 20 ou 25 ans il y a de cela deux années, maintenant elle a considérablement augmenté et on trouve vraiment tous les profils. Mais effectivement la demande a explosé et leur chiffre d'affaires aussi a explosé, ils recrutent sans arrêt. Je faisais entre six et sept heures par jour. Je commençais à 10 heures 30 le matin, jusqu’à 14 heures puis je reprenais à 17 heures, jusqu’à 21 heures. Mais c’était très flexible, c’est un avantage de ce métier. Après Prague, ce n’est pas la ville la plus compliquée en tant que coursier. Je faisais ça en voiture et j’imagine qu'à Paris ou à Londres, ça ne doit pas être la même chose. En termes de conditions de travail, je ne peux pas me plaindre, surtout, lorsque j’ai commencé, pendant le premier confinement, il n’y avait personne dans les rues. Depuis la vie a repris son cours malgré tout mais au moins de juin nous étions les seuls sur la route. »

Toute la journée vous étiez donc sur la route, en contact avec les restaurateurs et les clients, avez-vous eu peur d’être infecté par le virus ?

Photo: Wolt

« Sincèrement non, parce qu’on a que très peu de contacts en réalité. Dans les restaurants, tout le monde est masqué, on donne le nom de la personne et le restaurateur met la commande directement dans notre sac. J’ai une bouteille de gel hydroalcoolique dans la voiture et sur tous les comptoirs de restaurants il y en a également. Quand on livre, c’est pareil, on a un contact minimum. Et certains clients me faisaient comprendre qu’ils étaient en quarantaine, cela arrivait souvent, et dans ce cas-là, ils restaient portes fermées et on laissait le sac devant. »

Avez-vous bénéficié d’une aide financière du gouvernement ?

« Non, pas du tout et je n’ai pas fait de démarche. Avant d’être coursier je suis auto-entrepreneur aussi, j’ai créé une entreprise dans l’événementiel mais j’ai fait aucune demande. »

Si vous deviez faire une rétrospective sur l’année passée, qu’est ce qui a été le plus dur pour vous ?

Photo illustrative: Pexels/Pixabay,  CC0

« Je suis papa depuis quelques mois donc la pandémie ne m’a pas vraiment posé de problème, ça a même arrangé tout le monde puisque les dates que je devais faire en tant que DJ l’été dernier ont été annulées. Mais je suis passionné de musique et c’est vrai que ça manque et on ne sait pas quand est-ce que ça va reprendre donc il faut avancer. »

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

« J’espère bien pouvoir reprendre les quelques concerts que je faisais à l’étranger, mais je suis conscient que pour 2021 on peut faire une croix dessus, pour la musique ce sera 2022 minimum. J'ai eu la chance de faire quelques festivals en Europe l’été mais même si les règles changent il sera impossible d’organiser des festivals. Ça manque, mais on s’y fait... »

Pour découvrir les mix de Nicolas, alias Konix, rendez-vous ici : https://www.mixcloud.com/Konix/

ou ici : https://soundcloud.com/konix

Auteur: Alice Ragues
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