Pas de frais de scolarité pour les étudiants

Graduation ceremony at the Charles University in Prague

La situation matérielle et financière des écoles supérieures tchèques ne s'améliore pas. La nécessité de repenser un nouveau système est toujours d'actualité. La possibilité d'un établissement de frais de scolarité avait alors été évoquée. Une information de notre stagiaire Guillaume Narguet.

Le député Petr Mateju avait en effet présenté un nouveau projet de loi qui aurait notamment permis aux facultés d'accroître leurs capacités d'accueil, d'améliorer le niveau de l'enseignement et de soutenir financièrement les étudiants aux revenus modestes ayant de bons résultats scolaires. La plupart des facultés manquent en effet de moyens, tant humains que matériels. Concrètement, cela se traduit par un manque de manuels dans les bibliothèques, par un nombre insuffisant d'ordinateurs, ou encore par un nombre de places trop restreint dans les salles de cours et amphithéâtres. Nombre d'écoles sont dans l'impossibilité de financer les programmes d'échanges d'étudiants, et ce pour l'envoi de Tchèques comme pour l'accueil d'étrangers. Enfin, le salaire moyen d'un professeur de faculté se situant en-dessous des 15000 couronnes, soit moins de 465 euros, nombre de pédagogues préfèrent se consacrer à une activité plus rémunératrice que l'enseignement.

Malgré ces faits, et comme cela était attendu, le cabinet du Premier ministre Milos Zeman a rejeté le projet de loi, argumentant du fait que le gouvernement ne voyait pas dans l'instauration de frais de scolarité la solution aux difficultés actuelles. Le vice-Premier ministre Vladimir Spidla et le ministre de l'Education Eduard Zeman avaient, auparavant, déjà fait savoir que ce projet de loi allait à l'encontre de leurs principes sociaux-démocrates et n'avantageraient pas les étudiants en situation sociale défavorable.

Même si l'introduction de frais de scolarité est un sujet toujours très sensible, en République tchèque comme ailleurs, entraînant généralement des débats publics très mouvementés, ainsi que des protestations estudiantines, il est peut-être toutefois surtout à regretter que ce rejet de projet de loi n'aille pas dans le sens d'une amélioration du niveau des études supérieures.