Rémi Garde avant Lyon-Plzeň : « Le nom de notre adversaire n’est pas très prestigieux sur le papier, mais ce sera difficile »

Rémi Garde, photo: Jejecam, CC BY-SA 3.0

Les huitièmes de finale de la Ligue Europa, dont les matchs allers sont disputés ce jeudi soir, proposent une affiche entre les deux derniers clubs tchèque et français encore en lice cette saison dans la compétition. L’Olympique Lyonnais accueille le Viktoria Plzeň, avant le retour en Bohême de l’Ouest la semaine prochaine. S’il s’agit de la première confrontation avec une équipe française pour Plzeň, l’OL, lui, est un peu plus habitué aux voyages en Bohême.

Rémi Garde, photo: Jejecam, CC BY-SA 3.0
Après le Sparta Prague à deux reprises d’abord en Ligue des champions en 2004 puis en Ligue Europa la saison dernière, et le Slovan Liberec dans la défunte coupe de l’UEFA en 2002, le Viktoria Plzeň est le troisième représentant tchèque auquel les Lyonnais se frottent en coupes d’Europe. Pour autant, la première pensée qu’a eue leur entraîneur Rémi Garde à l’évocation du football tchèque peu avant l’entraînement sur la pelouse du stade Gerland mercredi soir, a d’abord été pour une vieille connaissance du football français :

« J’en ai gardé une image d’abord en tant qu’ancien coéquipier d’Ivan Hašek à Strasbourg, de qui j’ai un excellent souvenir en tant qu’homme et que joueur. C’était un excellent joueur. Pour moi, il reste un symbole qui représente la valeur du football tchèque depuis très longtemps. Et les matchs contre le Sparta m’ont une nouvelle fois rappelé tout cela. Le football tchèque est un football qui allie la technique à un certain engagement athlétique. C’est un mélange qui, je pense, réussit bien et j’ai vraiment une bonne image de ce football qui sait produire souvent de très bons joueurs. »

Avant de se retrouver, ce sont deux clubs ukrainiens que Lyon et Plzeň ont éliminés au tour précédent, en 16es de finale. Toutefois, tandis que la qualification de l’OL contre le Chornomorets Odessa a répondu à une certaine logique, celle du Viktoria aux dépens du Shaktar Donetsk a constitué une vraie bonne surprise. Du coup, c’est avec une prudence et un respect non feints que Rémi Garde, conscient des qualités de son adversaire, aborde ce 8e de finale contre le champion en titre de République tchèque :

« Je sais que le Viktoria Plzeň est très performant à l’extérieur, où il a déjà gagné beaucoup de matchs en coupes d’Europe. Il nous faudra donc être imperméables au maximum chez nous lors de ce match aller. C’est pour ça que c’est bien d’avoir déjà quelques repères dans cette compétition, comme plus généralement ces derniers temps, où nous sommes plutôt performants dans ce domaine. Cela n’enlève rien au fait, comme je l’ai dit, que cette équipe tchèque dispose de beaucoup d’atouts pour marquer des buts, je vais donc essayer de mener l’équipe vers une nouvelle qualification contre Plzeň tout en sachant très bien que même si le nom de l’adversaire n’est pas le plus prestigieux sur le papier, ce sera très difficile sur le terrain. »

Dušan Uhrin, photo: ČTK
Dans le camp de Plzeň, un des rares à posséder une expérience avec le football français en coupes d’Europe est l’entraîneur. En 2006, Dušan Uhrin était à la tête de Mladá Boleslav qui, au terme d’un match retour complètement fou, avait éliminé l’Olympique de Marseille dans ce qui était alors encore la coupe de l’UEFA. Interrogé sur ce point, le coach tchèque a toutefois refusé de faire le parallèle avec la rencontre qui l’attend, lui et ses joueurs, dans quelques heures :

« Je ne veux parler que du match qui arrive. Marseille reste bien sûr un très bon souvenir, mais cela appartient à l’histoire. Nous abordons Lyon avec l’ambition de passer ce tour. Je pense que ce sera du 50-50. C’est un adversaire de qualité qui nous attend, nous connaissons ses forces, mais nous possédons maintenant une certaine expérience de la coupe d’Europe. Nous voulons jouer comme contre Donetsk, où nous avons fait preuve d’une grande solidarité. Si tous les joueurs parviennent à reproduire la même performance contre Lyon, nous aurons de bonnes chances de qualification. »

Pour le supporter tchèque moyen, Lyon à ce stade de la compétition n’est sans doute pas l’adversaire le plus attractif. La faute à des résultats moins brillants ces dernières saisons pour le club de Jean-Michel Aulas, mais aussi à un championnat de France relativement peu suivi et qui ne passionne pas les foules en République tchèque. Néanmoins, l’ancien attaquant international Pavel Kuka, désormais directeur sportif du Viktoria Plzeň, pense que c’est là une erreur :

« Pour moi, la Ligue 1 est très intéressante. C’est un championnat très difficile que j’apprécie beaucoup. Peu de gens chez nous le savent et peu de joueurs, tchèques notamment, parviennent à se faire une place et à s’imposer en France. Cela reste un des quatre ou cinq meilleurs championnats en Europe qui mérite le respect et qui ne manque pas de qualité. »

Viktoria Plzeň, photo: ČTK
Convaincus de leurs qualités eux-aussi et forts de leur expérience acquise à l’automne en Ligue des champions, les joueurs de Plzeň entendent cependant bien démontrer qu’une équipe française comme l’OL à son niveau actuel ne constitue pas un obstacle infranchissable pour un club tchèque.