République centrafricaine: « Le pays est toujours dans un désordre complet »

Vojtěch Bílý est un jeune Tchèque parti enseigner en République centrafricaine pour le compte d’un ordre catholique, l’ordre des Carmes déchaux. Radio Prague l’a joint sur place, à Bozoum, il y a quelques semaines et lui a d’abord demandé son avis sur l’aide humanitaire sur place et le rôle des ONG.

Vojtěch Bílý,  photo: SIRIRI
« C’est une question difficile. Il y a beaucoup d’ONG en République centrafricaine. C’est un pays qui survit seulement et grâce à l’aide des ONG. Cela ne fait pas longtemps qu’il y en a autant, mais depuis que la situation se soit aggravée, on voit arriver plus d’attention de l’extérieur. Si cette attention est suffisante, c’est une question à laquelle je n’ose pas répondre. A mon avis, c’est moins une question humanitaire et plus sécuritaire, avec l’intervention française etc. Ce sont des choses délicates et en même temps on voit que ça ne marche pas. »

« Le pays est toujours dans un désordre complet. L’Etat ne fonctionne pas. Les routes ne sont pas assurées. Et pourtant, l’opération Sangaris a commencé au début du mois de décembre. Donc on voit que pendant tout ce temps-là les forces françaises n’étaient pas capables d’assurer ne serait-ce que la sécurité dans la capitale. Je me pose la question de savoir si l’aide et l’attention de la communauté internationale sont suffisants. Je ne suis pas un spécialiste de la question humanitaire internationale, mais j’en doute fort. »

Pourriez-vous présenter brièvement les activités de l’ordre des Carmes déchaux avec qui vous êtes à Bozoum ?

« Ici en Centrafrique, l’Eglise catholique a un impact très fort et très important pour les Centrafricains, parce que c’est l’une des seules institutions qui restent ici, même si les choses ne vont pas bien. Dès qu’il y a une crise dans une ville ou dans un village, les premiers qu’on évacue, c’est tout-à-fait logique, sont les ONG. Les missionnaires, eux, restent en général. La façon dont ils travaillent est très différente du travail des ONG. Si vous regardez la situation du pays, le travail des missions catholiques remplace l’Etat. Par exemple dans le domaine de l’éducation : l’école où j’enseigne a été construite par l’organisation Siriri et l’ordre des Carmes déchaux de Bozoum. »

« Ensuite, tout ce qui est sécurité sociale, santé, toutes ces choses-là sont assurées par les missions catholiques. Nous avons des petits dispensaires, nous utilisons des moyens financiers pour aider les hôpitaux, les écoles etc. A part le travail typique des missions catholiques, à savoir le travail pastoral, il y a tout ce travail dans le domaine de la santé et de l’éducation qui est très important. »

Suite de cet entretien dans notre émission de demain


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www.siriri.org

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