Revue de presse : Ecologie - Coronavirus - Biathlon - Equilibrium

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Les jeunes Tchèques s’intéressent-ils à la politique écologique ? Réponse dans cette nouvelle revue de presse. Au menu également, des réactions à l’épidémie de coronavirus qui ne cessent d’alimenter les médias locaux. La culture des livres que telle qu’elle se présente en Tchéquie et les nouveaux défis du biathlon tchèque, un sport très populaire dans le pays, seront deux autres sujets évoqués. Un bref regard enfin sur une nouvelle initiative de scientifiques tchèques.

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La Tchéquie a devant elle un changement qui va tôt ou tard arriver. Selon le commentateur du site aktualne.cz qui met ce constat en rapport avec la politique écologique, ce sont les jeunes qui sont appelés à devenir ses porteurs :

« En Tchéquie, il fait de plus en plus chaud et la sécheresse empire. Pourtant, en dépit de cette situation et des avertissements des scientifiques, les préférences électorales des Verts, qui prennent les changements climatiques plus au sérieux que les autres formations politiques, ne dépassent pas 2% des intentions de vote. Moderne et précis, le programme des Verts est à la fois orienté vers les droits de l’Homme, les gens les plus pauvres et la protection du paysage. La question est de savoir si ce programme arrivera à séduire un jour tous ces jeunes qui manifestent dans le cadre des Vendredi pour le climat et qui s’engagent dans les mouvements comme Un million de moments pour la démocratie ou Extinction Rebellion. »

Le problème des Verts, c’est qu’ils demandent une nouvelle façon de penser, d’agir et de vivre, constate le commentateur. Une tâche difficile au moment où les Tchèques semblent résister aux recommandations proposées, refusant d’admettre la pénible réalité. Il estime toutefois que tout comme le Parti pirate, qui est aujourd’hui le deuxième ou le troisième parti dans les sondages, les Verts ont devant eux un avenir prometteur et qu’ils auront notamment pour les jeunes un attrait grandissant:

« Le changement à attendre surviendra en effet lorsque les jeunes réaliseront qu’il y a le feu à la maison et que c’est dans les urnes qu’ils peuvent décider de la protection de leur avenir. »

Le coronavirus, toujours

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Le coronavirus ne fait plus les gros titres de la presse comme la semaine précédente, il demeure pourtant très présent dans ses pages. Le quotidien Mladá fronta Dnes de ce jeudi, par exemple, a noté :

« La progression du nouveau virus sème dans le monde l’incertitude et l’inquiétude. Les questions qu’il soulève sont pour l’instant plus nombreuses que les réponses. On ne sait pas quand la prolifération s’arrêtera et si tel sera finalement le cas. De même, on ignore s’il ne s’agira pas d’une nouvelle pandémie ayant des retombées mondiales imprévues »

Depuis le début de ce siècle, le monde a connu au total cinq pandémies qui ont fait des centaines, sinon un millier de victimes. Dans aucun de ces cas, on n’a eu affaire à une véritable catastrophe, cependant il était impossible d’exclure une telle éventualité à l’avance. C’est ce que rappelle un commentaire publié sur le site www.rozhlas.cz/plus avant d’appliquer ce constat à l’apparition et à la prolifération du coronavirus « qui n’est toujours pas sous contrôle ».

Le journal en ligne Deník.cz met pour sa part en garde devant la panique qui constituerait un virus mortel pour l’économie :

« La panique liée au coronavirus qui a fait jusqu’ici moins de victimes qu’une grippe courante en Europe centrale risque de donner un coup mortel à la croissance économique de la Chine et ainsi également à celle du monde entier, y compris de la République tchèque. Dans un monde globalisé, on ne saurait demeurer indifférent face à ce qui se passe à l’autre bout de la planète. Il n’y a en effet qu’en seul monde, pour le pire et le meilleur ».

Le biathlon : les Tchèques s’attendent à sa renaissance

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Cette année, les compétitions pour la Coupe du monde n’ont apporté aux biathlètes tchèques que des succès modestes. Une grande déception pour les très nombreux fans de ce sport qui ont en mémoire leurs précédents succès. C’est ce dont fait part, à la veille des Championnats du monde de biathlon, un article mis en ligne sur le site sport.cz qui admet en même temps que « le biathlon tchèque est en train de renaître d’une manière significative. » Son auteur explique pourquoi :

« Aux récents championnats du monde juniors de biathlon en Suisse, les jeunes biathlètes tchèques ont gagné des médailles et se sont classés à plusieurs reprises dans le top ten. Cet essor est le fruit du boom qui remonte aux années 2012 – 2014, une époque particulièrement heureuse pour le biathlon tchèque qui a vu briller Gabriela Koukalová et certains autres, comme Ondřej Moravec. Leurs succès ont par la suite motivé beaucoup d‘enfants à s’y consacrer. Aujourd’hui, la formation d’une nouvelle génération de biathlètes apporte ses premiers fruits. »

L’article publié sur le site sport.cz rappelle qu’à l’époque de sa plus grande gloire, le biathlon a provoqué en Tchéquie un enthousiasme dont aucune autre discipline sportive ne pouvait se targuer.

Les Tchèques et la culture du livre

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Les Tchèques font partie des lecteurs les plus passionnés au monde. Ce constat a été une nouvelle fois confirmé par un classement publié par l’hebdomadaire britannique The Economist selon lequel la Tchéquie figure en dixième position en fonction du nombre de livres édités. En se référant à ce classement, l’hebdomadaire Respekt rapporte qu’il n’y a en Europe que les Brianniques et les Scandinaves qui lisent plus que les hommes et notamment les femmes tchèques. Il précise également :

« La majorité des Tchèques ont chez eux des bibliothèques contenant en moyenne 250 livres. Ils sont aussi habitués à fréquenter les bibliothèques publiques et les foires du livre qui sont devenues des événements sociétaux massivement suivis. Le nombre de livres édités se situe autour de 16 mille livres par an. Par rapport au boom survenu autour de l’an 2010 il a légèrement baissé, il est vrai, mais il continue à assurer à la Tchéquie une position exclusive à l’échelle mondiale. »

C’est dans un passé lointain que l’on peut trouver des racines de ce goût prononcé pour la lecture. Avec d’abord le Réveil national aux XVIIIe et XIXe siècles qui a été étroitement liée à la renaissance de la langue et de la littérature. Respekt rappelle également la mise en valeur, au lendemain de la naissance de la République tchécoslovaque en 1918, de la loi stipulant la création d’une bibliothèque dans chaque commune du pays. Le magazine rapporte enfin :

« A l’heure actuelle, on voit s’imposer une tendance marquante : le retour des lecteurs aux écrivains et surtout aux écrivaines tchèques. Parmi les dix livres les plus vendus cette année, on en trouve en effet six qui sont l’oeuvre d’auteurs du pays. Les traductions tchèques d’auteurs étrangers occupent près de 40% de la totalité du marché littéraire. Comme le veut la tradition, ce sont celles de l’anglais qui prédominent ».

Améliorer les perspectives pour la prochaine décennie

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L’éducation, la sécheresse, l’avenir de l’industrie automobile. Autant de problèmes de notre époque qui seront parmi ceux au coeur de l’intérêt de l’Institut Equilibrium qui vient d’être constitué et présenté à Prague. Celui-ci réunit des scientifiques couvrant toute une gamme de disciplines variées comme l’économie, la biochimie, l’égyptologie, la neurochirurgie, la cybernétique et autres. Le site echo24.cz a précisé à ce propos :

« Equilibrium, telle une organisation à but non lucratif politiquement indépendante, a pour but d’étudier la société et les règles de son développement équilibré. Son aspiration est d’améliorer les perspectives de la République tchèque d’ici l’an 2030, qui s’annoncent assez peu réjouissantes. »

L’appauvrissement de la société, l’approfondissement des clivages en son sein, la montée de l’agressivité. Telles sont quelques-unes des tendances qui risquent de devenir au cours des dix prochaines années marquantes et vers lesquelles l’Institut Equilibrium entend porter son attention. Il offrira également une plate-forme pour l’engagement du public dans les débats sur des problèmes pertinents de la société.