Saint Venceslas, patron du peuple tchèque

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Saint Venceslas, prince de Bohême de la dynastie des Přemyslides, est patron des Tchèques, des viticulteurs et des brasseurs. Le culte de saint Venceslas date du Xe siècle et s’est répandu non seulement dans les pays slaves mais également en Italie, en Allemagne et en Angleterre.

Chaque année les fêtes de la Saint-Venceslas se déroulent à Stará Boleslav où le prince a été assassiné sur l’ordre de son frère Boleslav, à la basilique Saint-Venceslas et à l’église de pèlerinage de l’Assomption-de-la-Sainte-Vierge. La fête culmine par une messe célébrée par l’archevêque de Prague sur la place Mariánské náměstí à Prague. Rappelons que le dimanche 3 octobre 2010 aura lieu l’inauguration de la statue de saint Venceslas à l’église éponyme sur la place Čechovo náměstí, dans le quartier de Vršovice, dans le Xe arrondissement de Prague. La consécration sera faite par l’évêque Václav Malý et le curé de l’église Stanislav Gora.

Et maintenant, un petit historique de la vie et du règne de Venceslas Ier, prince de Bohême, fils aîné du prince Vratislav Ier et de la princesse Drahomíra de Stodor et petit fils de la légendaire princesse Ludmila, canonisée au XIe siècle.

En ces temps éloignés non seulement le petit peuple, mais également les souverains étaient illettrés. L’instruction était surtout réservée aux représentants de l’Eglise. Si l’on prend en considération la date de naissance de Venceslas en 907, il en ressort que lors du décès de son père Vratislav Ier, il était âgé de quatorze ans. Trop jeune pour gouverner la principauté de Bohême, il fut remplacé par sa mère la princesse Drahomíra de Stodor qui s’empara de la régence. Venceslas accéda au trône quatre, cinq ans plus tard, peu après le meurtre de sa grand-mère Ludmila.

D’après l’historien Josef Pekař, la date de naissance du prince Venceslas varie entre l’an de grâce 907 et 908. Josef Pekař s’est consacré dans les années 1902 à 1906 à l’étude de l’époque du règne de Venceslas, des légendes sur ce dernier, et sa grand-mère la princesse Ludmila. Il a d’ailleurs publié les œuvres La plus ancienne chronique tchèque (Nestarší kronika česká) et Die Wenzels und Ludmilalegenden und die Echtheit Christians. Mais revenons au prince Venceslas. Il a été élevé avec ses frères et sœurs par sa grand-mère, la princesse Ludmila. Elle s’est également chargée de leur éducation et son attention était particulièrement concentrée sur le prince héritier Venceslas. A part sa langue maternelle, le prince maîtrisait apparemment le latin et le grec. Il était très instruit, ce qui, à son époque était plutôt inhabituel.

Henri Ier l’Oiseleur
Venceslas entendait rendre la principauté de Bohême indépendante, ce qui ne convenait en aucun cas au roi de Germanie Henri Ier l’Oiseleur et au duc de Bavière Arnulf. Les armées saxonnes et bavaroises envahirent la principauté de Bohême en 929. Le prince Venceslas voulait à tout prix éviter un carnage et en bon stratège il proposa de négocier les conditions de paix. Ce geste fut fructueux car finalement un Pacte de paix fut signé par les trois souverains. Grâce à ce pacte Venceslas avait les mains libres pour élaborer une stratégie politique dont l’objectif était de renforcer la position de la principauté de Bohême au niveau local et à l’étranger, ainsi que de diffuser la foi chrétienne dans le pays. Par cet acte il s’est créé un soutien important de la part de l’Eglise ce qui était en désaccord avec la politique de son frère Boleslav et des seigneurs de la noblesse tchèque qui se trouvaient dans l’entourage de celui-ci. Ce mécontentement grandissant aboutit à une conspiration contre le prince Venceslas, qui fut assassiné sur l’ordre de son frère Boleslav le 28 septembre à Stará Boleslav à l’entrée de l’église. Après le meurtre de Venceslas, dont la date varie selon les historiens entre 929 et 935, son frère Boleslav s’empara du pouvoir. Rappelons que la dynastie des Přemyslides s’éteignit en ligne masculine par le meurtre de Venceslas II le 4 aout 1306 à Olomouc.

Il n’existe que très peu d’informations sur la vie du prince Venceslas. Il est fort probable qu’il fut marié mais il semblerait ne pas avoir eu de descendance, si ce n’est des filles et en tout cas, pas d’héritier légitime. Le prince était apparemment un blond aux yeux bleus, assez grand pour son époque, svelte, musclé et un excellent cavalier. C’était un homme honnête, brave, droit et juste. Il portait assistance aux pauvres, aux veuves et aux orphelins. On attribue également à saint Venceslas un grand nombre de miracles, dont la majorité se manifesta après son assassinat, mais quelques uns tout de même au cours de sa vie. A titre d’exemple, au cours d’une bataille son adversaire aperçut sur le front de Venceslas une croix scintillante et capitula. Le roi Henri Ier l’Oiseleur aperçut également au-dessus de la tête de Venceslas une croix en or et deux anges à ses côtés. Venceslas a fort bien su allier les anciennes traditions slaves aux nouveaux besoins de son époque mouvementée et a joué un rôle important dans l’indépendance de son pays et de la dynastie des Přemyslides en Europe.

La dépouille mortelle de saint Venceslas se trouve à la cathédrale Saint-Guy à Prague, plus précisément dans la chapelle de Saint-Venceslas. Le crâne du saint est exposé lors de cérémonies solennelles, orné de la couronne des rois tchèques, qui a été symboliquement offerte au saint homme par l’empereur germanique et roi de Bohême Charles IV.

Il est à noter qu’en 1929, soit mille ans après la mort du saint, Josef Pekař a rédigé un ouvrage intitulé « Saint Venceslas » (Svatý Václav), qui est paru en plusieurs exemplaires.

Sources : Josef Pekař

Les célébrations du millénaire de Saint Venceslas en 1929