Sortie de confinement, hockey avec Loukachenko et vie sexuelle des Tchèques

Photo: ČTK/Miroslav Chaloupka

Le déconfinement et les désinformations que l’ancien président Václav Klaus diffuse sont les deux premiers sujets traités dans cette nouvelle revue de la presse tchèque de la semaine écoulée. Il y sera question également de l’apport des étrangers dans le développement des technologies de l’information, des interrogations autour du prochain Mondial de hockey sur glace prévu en Biélorussie ou encore d’un nouvelle série documentaire sur la vie sexuelle des Tchèques.

« Les craintes et la discipline liées au covid s’affaiblissent, alors que les experts mettent en garde contre une trosième vague de l’épidémie de coronavirus », titrait, mercredi dernier, Lidové noviny, en rapport avec le déconfinement partiel. Le quotidien précise :

« Au début du mois d’avril, l’épidémie de coronavirus inquiétait gravement la moitié de la population tchèque. D’après une enquête récente, ils ne sont plus que 39%, toutes catégories d’âge et groupes sociaux confondus, à prendre le covid-19 très au sérieux. »

« Les médecins, quant à eux considèrent, que le pari n’est pas gagné et que les perspectives ne sont pas très opitimistes », indique le journal. Celui-ci cite le président de la Chambre tchèque des médecins, Milan Kubek, très critique à l’égard de la stratégie gouvernementale de déconfinement. Selon lui, les gens sous-estiment désormais l’épidémie, car ils s’y sont habitués. C’est à Prague que cette tendance est la plus marquante ».

Photo: ČTK/Luboš Pavlíček

« Le déconfinement peut coûter cher au gouvernement », prétend à son tour le commentateur du site Seznam.cz, qui précise sa pensée :

« Sauf à Prague, où l’évolution de l’épidémie est très favorable, la situation dans les autres régions est loin d’être stabilisée. En décidant de déconfiner le pays, le gouvernement prend de grands risques. Il ne fait aucun doute qu’il est soumis à des pressions à l’approche des fêtes de fin d’année. Tout dépend désormais de l’usage que les Tchèques feront de leur liberté retrouvée. En cas de comportement irresponsable, nous aurons droit à un nouveau chapitre du drame ‘Covid’ ».

Le journal E15 remarque aussi que l’assouplissement des restrictions depuis jeudi comporte certains risques, tout en admettant néanmoins que « cette décision gouvernementale constitue une démarche juste ».

La campagne de désinformation de l’ancien président Václav Klaus

Václav Klaus,  photo: YouTube

L’ancien président tchèque Václav Klaus refuse d’être désigné sur le site du ministère de la Santé comme un de ceux qui participent à la diffusion de désinformations sur le Covid-19. Toutefois, comme le rappelle le quotidien Hospodářské noviny, l’ancien leader de l’ODS, premier parti de droite au sein de l’opposition, prétend par exemple que « le Covid n’est qu’une simple maladie et que les restrictions adoptées sont un moyen de transformer le monde tel que nous le connaissons ». Il dénonce également le port du masque qui convient, toujours selon l’ancien chef de l’Etat, à « ceux qui sont favorables à l’accueil des migrants et à l’adoption de l’euro ». Le commentateur du journal écrit à ce propos :

« Refuser le masque bien qu’il soit recommandé, après les hésitations initiales même de l’OMS, signifie vouloir détériorer la situation. La diffusion d’arguments insensés qui influencent l’opinion d’une partie de la population contribue à l’accélération de la propagation du virus et à aggraver les dommages écnomiques. C’est pourquoi il est tout à fait légitime que le ministère considère toutes ces fausses informations comme dangereuses. »

Selon le commentateur de Hospodářské noviny, ce conflit témoigne de la façon dont les désinformateurs envisagent la liberté d’expression. Tout en se réclamant du droit de mentir, ils rejettent toute correction qu’ils considèrent comme une forme de censure.

L’apport des étrangers dans le développement IT

Photo illustrative: Štěpánka Budková,  Radio Prague Int.

Une Tchéquie moderne ne peut pas se passer de ressortissants étrangers. C’est ce que souligne le site hlídacípes.org, qui se réfère aux données du dernier rapport de l’OCDE sur la migration :

« Les ressortissants étrangers qui sont considérés en Tchéquie comme des immigrés économiques représentent un tiers du total des professionnels dans les technologies de l’information. Cette part est la plus importante parmi les pays de l’OCDE. La Tchéquie est suivie de pays comme l’Irlande, Israël et les Etats-Unis ».

D’un autre côté, comme le remarque hlídacípes.org, la part des ressortissants étrangers dans la population tchèque, par rapport aux autres pays membres de l’OCDE, est une des plus faibles. Elle se situe autour de 8%, et ce bien que leur nombre ait augmenté de près de 40% depuis 2007. Les Slovaques, les Ukrainiens et les Vietnamiens sont les plus nombreux en République tchèque. Le site rapporte enfin :

« Il existe plusieurs programmes gouvernementaux pour favoriser l’embauche d’une main-d’œuvre qualifiée de pays tiers. Des programmes existent également pour des professions qui n’intéressent pas ou peu les Tchèques : ouvriers, chauffeurs, couseuses et autres. La Biélorussie, le Monténégro, la Moldavie, la Serbie, l’Ukraine sont autant de pays parmi d’autres concernés par ces programmes. »

Quid du prochain Mondial de hockey sur glace en Biélorussie ?

Photo: ČTK/AP/Uncredited

La situatution en Biélorussie « n’est pas bonne ». C’est pourquoi l’idée de lui laisser l’organisation du 85e championnat du monde de hockey sur glace n’est pas bonne non plus. Ce constat a été fait par des experts sportifs tchèques lors d’un récent débat télévisé, avant d’être commenté par l’hebdomadaire Respekt dans lequel on pouvait lire :

« Il faut appeler les choses par leur nom. La situation de tous ceux qui protestent en Biélorussie, sans relâche depuis près d’une centaine de jours, contre la falsification de la victoire d’Alexander Loukachenko n’est pas seulement mauvaise. Elle est alarmante et sinistre. L’Occident ne dispose que de peu de possibilités pour les aider. Outre la pression politique sur Loukachenko, la prise en charge des blessés dans des hôpitaux européens ou l’octroi de bourses à des étudiants exclus des universités biélorusses sont des gestes symboliques qui sont de grande importance. Le retrait de l’organisation du Mondial de hockey en serait un autre signe fort. »

Amateur de hockey, Alexander Loukachenko cherchera à profiter de l’événement pour renforcer son régime et démontrer sa capacité à garder la situation sous contrôle, estime encore le commentateur :

« C’est désormais à la Fédération internationale de hockey sur glace qu’il appartient de démontrer que l’Occident n’entend pas faire le jeu du dictateur biélorusse. La situation n’est pas sans issue. La Biélorussie devait organiser ce grand événement sportif avec la Lettonie, c’est donc à cette dernière que l’ensemble de la compétition pourrait finalement être confié. Le Canada et la Russie pourraient s’en charger eux aussi. »

La vie sexuelle des Tchèques, sujet d’un cycle documentaire

' L’histoire secrète – l’histoire sexuelle des Pays tchèques',  photo: ČT

La suppression des libertés et des droits sous le régime communiste allait de pair avec une certaine libération sexuelle. C’est ce que remarque le site aktualne.cz, qui s’intéresse à un nouveau cycle de documentaires télévisés intitulé « L’histoire secrète – l’histoire sexuelle des Pays tchèques », dont le dernier épisode a été diffusé mercredi. Le site précise à ce sujet :

« Le communisme a libéré la sexualité et contribué à une plus grande émancipation des femmes. A partir des années 1950, les sexologues tchécoslovaques ont mené des recherches sur les domaines sexuel et relationnel. C’est de cette période que remonte également la publication d’un premier manuel destiné aux jeunes mariés qui parlait de l’importance du sexe dans la vie conjugale. Les manuels qui ont suivi plus tard ont été de plus en plus explicites. La ‘pudeur’ que l’on a souvent tendance à attribuer  au communisme révèle d’un mythe. Le socialisme a aussi apporté l’abolition de la pénalisation de l’homosexualité ».

« C’est pourtant avec l’ouverture des frontières au lendemain de la chute du régime communiste qu’un véritable boom érotique et sexuel s’est produit dans les Pays tchèques », peut-on encore lire. L’auteur ajoute que le niveau des recherches tchèques en la matière reste très élevé aujourd’hui encore. La Tchéquie est d’ailleurs un des rares pays où il est possible de passer un doctorat en sexologie.