Vrbětice : Prague demande une indemnisation à Moscou

Vrbětice

Le ministère tchèque des Affaires étrangères a convoqué lundi l'ambassadeur de Russie à Prague pour demander une indemnisation pour les dommages causés par les explosions de dépôts de munitions en 2014.

Martin Smolek | Photo: MZV ČR

Le vice-ministre des Affaires étrangères Martin Smolek a remis à l'ambassadeur russe Aleksandr Zmeyevsky une note diplomatique « invoquant la responsabilité de la Fédération de Russie en vertu du droit international pour son implication dans les explosions du dépôt de munitions à Vrbětice en 2014 », peut-on lire dans le communiqué publié lundi soir à Prague.

Dans la note, la diplomatie tchèque dénonce également la liste de pays hostiles à la Russie sur laquelle ont été placés en premier les Etats-Unis et la Tchéquie, une liste contraire au droit international selon Prague.

Dans un projet de loi déposé par plusieurs députés, une indemnisation de 700 millions de couronnes est envisagée pour la commune de Vrbetice et ses habitants.

Photo: Pixabay,  CC0

La réponse de Moscou ne s’est pas faite attendre longtemps : sur les réseaux sociaux, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a utilisé un smiley pour dénigrer les demandes de Prague avant d’écrire : « il est déjà impossible de comprendre ce qui se passe dans la tête des hommes politiques tchèques, qui réfléchissent depuis des mois à la manière d'aggraver encore les relations bilatérales. Et ce n'est pas nécessaire. Ils se sont mis sur la liste des pays hostiles. Et à chaque nouvelle déclaration et action sauvage, ils confirment leur statut ».

« Habituellement, ceux qui agissent de cette manière - sans procès ni enquête, avec des menaces et des insultes exigeant de l'argent - sont appelés des extorqueurs », conclut Maria Zakharova.

Vrbětice | Photo: Roman Verner,  ČRo

Le 17 avril dernier, le gouvernement tchèque avait annoncé avec fracas qu’une enquête avait révélé l’implication des services de renseignement russes dans ces explosions.

Depuis, les relations diplomatiques entre Prague et Moscou se sont encore davantage tendues.

Plusieurs dizaines d’employés des ambassades russe à Prague et tchèque à Moscou ont été expulsés en conséquence, avec les derniers départs il y a un mois à peine et le placement de la Tchéquie sur cette fameuse liste des pays "hostiles" ou "inamicaux".

Dans un article plublié cette semaine, le site SeznamZpravy évoquait la baisse des activités de "trolling" russe sur les réseaux sociaux tchèques depuis la réduction forcée des effectifs de la représentation diplomatique de la Fédération de Russie à Prague, émettant l'hypothèse que l'ambassade abritait une de ces "fermes à troll", sur la base d'informations des services de renseignement et d'experts en désinformation.

Sergueï Lavrov | Photo: Wikimedia Commons,  CC0

Le même jour que la demande d’indemnisation formulée par Prague, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov publiait quant à lui un article « La loi, les droits et les règles », dans lequel il revenait sur « la politique étrangère indépendante » de la Russie, deux semaines après le sommet Biden-Poutine à Genève.