A Prague, Kateryna accueille sa famille ukrainienne

Kateryna

Depuis le 24 février et l’invasion russe en Ukraine, des millions d’Ukrainiens sont contraints à l’exil. La Tchéquie a déjà accueilli plusieurs dizaines de milliers de réfugiés et un véritable élan de solidarité est né dans le pays. Kateryna est Ukrainienne et installée à Prague. Son père et sa sœur l’ont rejointe dans la capitale tchèque. Sa mère est en route pour la Tchéquie.

« Ma mère m’a envoyé un message à 5 heures du matin, le 24 février : ‘nous sommes bombardés, les sirènes résonnent, la guerre a commencé.’ J’étais désorientée et choquée. Je suis allée dans la cuisine, je l’ai appelée et je lui ai demandé : ‘c’est une blague, un gag, tu te moques de moi ?’ Et elle m’a répondu : ‘non ce n’est pas une blague’ et qu’en cas de coupure d’Internet elle m’aimait. J’ai réveillé mon père, il a lu les actualités et il a découvert cette horrible vérité. »

Pièges antichars aux abords d'Odesa,  en Ukraine,  le mardi 1er mars 2022 | Photo: ČTK/AP/Uncredited

Kateryna est Ukrainienne et installée à Prague depuis 2016. Son père et sa sœur l’ont rejointe il y a une dizaine de jours lorsque les relations entre l’Ukraine et la Russie commençaient à se tendre dangereusement et que les troupes russes se massaient aux frontières. Sa mère a quitté Odessa - une ville portuaire au bord de la mer Noire - il y a quelques jours. Devant elle, un long voyage l’attend. Après avoir atteint la Moldavie, elle est actuellement en route pour la Roumanie. L’étape finale sera Prague.

2014, le début de la peur

En 2014, la Russie annexe la Crimée et des conflits militaires opposent pro-russes et l’armée ukrainienne dans la région du Donbass à l’est du pays. Depuis cette date, la famille de Kateryna vit dans la crainte d’une invasion plus large de l’Ukraine par la Russie :

« Tout a commencé en 2014 avec l’annexion de la Crimée. Mon père avait peur pour ma famille et a donc acheté un appartement en République tchèque au cas où nous ayons besoin de nous réfugier dans un lieu sûr en Europe. Ensuite, mon père a préféré m’envoyer ici en 2016 pour que je puisse faire de meilleures études et pour les nombreuses opportunités de travail présentes en Tchéquie. »

Kateryna est donc arrivée à 13 ans à Prague. Après sa scolarité dans un lycée de la capitale tchèque, elle est maintenant étudiante en première année à la Faculté d’éducation physique et des sports de l’Université Charles avec pour projet de devenir kinésithérapeute.

Prague, lieu de refuge

Le 21 février, son père et sa petite sœur sont arrivés à Prague. Leur premier vol a été annulé. Il leur a donc fallu transiter par Varsovie, les prix des billets d’avion ayant explosé et atteint plus de 300 dollars. Sa mère vient toute juste de quitter Odessa. Le reste de sa famille et de ses proches sont toujours en Ukraine :

Kateryna | Photo: Damian Cornette,  Radio Prague Int.

« Toute ma famille, mes proches et mes amis sont restés. Certains d’entre eux ont quitté la ville pour se réfugier dans leurs maisons de campagne. Mes amis à Kyiv sont en grand danger. Ils passent leur temps dans le métro et dans les abris anti-bombes, ou dans des parkings souterrains. Ils sont particulièrement effrayés la nuit. Ils m’écrivent : ‘j’espère que je vais survivre. Je t’envoie un message demain matin.’ C’est vraiment difficile de recevoir de tels messages. »

Kateryna reste en contact avec ses proches restés en Ukraine via l’application de messagerie Telegram. Elle dit leur envoyer des messages toutes les heures.

Une situation impensable

En janvier dernier, Kateryna a rendu visite à sa famille en Ukraine pendant trois semaines. Elle décrit un pays paisible, rien ne présageait une guerre imminente :

Photo: Damian Cornette,  Radio Prague Int.

« La nuit précédant la guerre, tout était normal, tout était ouvert, les gens vivaient une vie normale. Et boom, d’un coup, c’est arrivé. Personne ne pensait à la guerre avant qu’elle n’arrive »

Depuis le début de la guerre, Kateryna agit à son échelle et depuis la Tchéquie. Elle participe aux manifestations en soutien au peuple ukrainien et contre le régime de Vladimir Poutine, et rassemble de l’aide humanitaire avec ses amis. Elle confie être extrêmement touchée par toutes les mobilisations en soutien aux Ukrainiens qui traversent l’Europe.