Agrofert : des projets critiqués par l'UE mais financés par Prague

Sur les projets critiqués par un audit de la Commission européenne (CE), la République tchèque a versé environ 155 millions de couronnes de subventions aux sociétés de la holding Agrofert, selon iROZHLAS.cz.

Andrej Babiš | Photo :  Bureau du Gouvernement tchèque

Le porte-parole d'Agrofert a déclaré que le groupe n'avait pas à rembourser d'argent.

L'audit concernait les subventions de l'UE à Agrofert, fondé dans les années 1990 par le Premier ministre Andrej Babiš et dont le capital a été transféré en 2017 dans des fonds fiduciaires. Le rapport d'audit final de la CE, publié vendredi, estime que M. Babiš contrôle toujours les fonds et a donc un conflit d'intérêts.

Le chef du gouvernement conteste et indique être en conformité avec la législation tchèque votée en 2017 et surnomée "Lex Babiš".

Photo : LIBER Europe,  Flickr,  CC BY 2.0

Lundi, le porte-parole de la CE, Balazs Ujvari, a déclaré que la République tchèque n'avait pas demandé le remboursement de subventions examinées dans le cadre de l'audit donc elle n'a pas à rembourser d'argent à Bruxelles.

L'État tchèque a financé lui-même certains des projets en question auparavant, et ce malgré les objections formulées par Bruxelles.

iROZHLAS.cz mentionne notamment la subvention de 100 millions de CZK pour la construction d'une ligne d'assemblage de pain de mie de la firme Penam, 50 millions à la société Lovochemie pour améliorer la production de carburants et deux subventions pour un montant total de cinq millions pour l'entreprise Cerea, qui fait également partie d'Agrofert. Ces subventions, selon iROZHLAS.cz, ne remplissent pas les conditions d'éligibilité à l'obtention de fonds européens que certains avaient demandé.

Photo illustrative : Emilian Robert Vicol,  Pixabay,  CC0

Le ministère de l'Industrie et du Commerce ainsi que le ministère du Développement régional, dirigés par des proches du Premier ministre, rejettent les conclusions de la CE. En conséquence, il est difficile de savoir si les autorités exigeront le remboursement des sommes versées pour les projets, note l'agence ČTK.

Le rapport d'audit est définitif et la République tchèque ne peut contester ses conclusions que devant les tribunaux, ce que la ministre du Développement régional a envisagé de faire.