Covid-19 : l’épidémie ne recule pas assez vite

Photo: ČTK/Ondřej Hájek

Il y a un an, les restaurants et bars tchèques, ainsi que les commerces et les services fermaient pour la première fois leurs portes en raison de la pandémie de Covid-19. Depuis maintenant deux semaines, des mesures de restriction renforcées, qui ne manquent pas de rappeler celles du printemps 2020, ont été imposées par le gouvernement. En dépit d’une baisse du nombre des nouvelles infections, enregistrée ces derniers jours, la situation sanitaire ne s’améliore que très lentement.

Dimanche, presque 3 300 nouveaux cas de Covid-19 ont en effet été enregistrés, soit la plus faible augmentation pour un dimanche depuis la mi-février. Mais le taux de reproduction du virus se maintient au-dessus de 0,90 et le nombre de nouveaux cas de contamination n’a connu qu’une légère baisse ces derniers jours (avec un taux d’incidence de 1 517 pour 100 000 habitants sur les deux dernières semaines). Les spécialistes estiment que l’épidémie ne ralentit pas assez. On écoute le biochimiste Jan Konvalinka de l’Académie tchèque des Sciences :

Jan Konvalinka,  photo: Khalil Balbaaki,  ČRo

« Nous avons probablement atteint le pic de l’épidémie. Mais je crois bien que la situation ne s’améliorera pas tout de suite, loin de là. Elle restera encore très préoccupante dans les hôpitaux et en termes de mortalité. Les choses vont évoluer très lentement. »

En effet, aucune amélioration n’a été constatée ces derniers jours sur le front sanitaire : le nombre de personnes hospitalisées à cause du Covid reste supérieur à 8 000, dont plus de 1 900 sont dans un état grave. En République tchèque, la maladie est responsable d’environ 200 décès par jour.

Le ministre de la Santé Jan Blatný reste très prudent au sujet d’un éventuel assouplissement des mesures sanitaires imposées en début du mois et prévues jusqu’au 21 mars. Mais elles seront très probablement maintenues au-delà de cette date. Une seule exception est envisagée : les activités sportives, limitées actuellement au territoire de la commune, pourraient être exercées dans le cadre du district. On écoute Jan Blatný :

Jan Blatný,  photo: Archives du Gouvernement tchèque

« A vrai dire, j’ai du mal à imaginer un assouplissements plus important. La situation dans les hôpitaux et dans le tout le pays stagne. Elle a tendance à s’améliorer, mais pour l’instant, l’épidémie ne recule pas à tel point que nous puissions envisager la levée des mesures de restriction. »

Les Tchèques sont donc toujours tenus de se déplacer uniquement dans le cadre de leurs districts (avec des exceptions pour se rendre au travail, chez le médecin ou pour s'occuper d'un proche) et de porter un masque FFP2 dans la plupart des lieux publics. Le vice-Premier ministre Karel Havlíček a précisé qu’une éventuelle réouverture des commerces et services, ainsi que la levée progressive d’autres mesures anti-Covid, ne sera discutée en conseil des ministres qu’après les fêtes de Pâques.

En revanche, le gouvernement envisage d’intensifier la campagne de dépistage dans les entreprises et d’accélérer le rythme des vaccinations, l’un des plus faibles au sein de l’Union européenne, pour atteindre, début avril, quelque 100 000 doses administrées quotidiennement.