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4) Le chien de montagne tchèque

Le chien de montagne tchèque
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Le chien de montagne tchèque est relativement peu connu, même dans son pays d’origine. Il faut dire que c’est le plus récent des pedigrees tchèques.

Race dont l’histoire commence en 1977, le chien de montagne tchèque a vu le jour pour répondre aux besoins en chiens d’attelage pour les sports cynologiques. La Tchécoslovaquie de l’époque manquait en effet de chiens d’attelage classiques telles que le husky et le malamute de l’Alaska, par exemple.

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

Le croisement d’un tchouvatch slovaque et d’un chien de trait canadien a donc donné naissance à une race facile à mener et qui peut remplir des tâches multiples. D’une hauteur au garrot de 59 à 70 cm, pesant jusqu’à 40 kg, le « český horský pes » est blanc avec des taches jaunes ou noires, un poil long qui le rend très résistant – notamment au froid des sommets des monts des Géants, comme l’explique la porte-parole de l’Union cynologique tchéco-morave Vladimíra Tichá :

« C’est une race extrêmement résistante. J’ai entendu dire qu’un facteur des monts des Géants en avait un, et que le chien portait son courrier. C’est une race faite pour un environnement difficile. Je ne le recommanderais pas aux personnes vivant dans des appartements surchauffés. »

Un chien fait pour l’altitude

Petr Hanzlík avec les chiens de montagne tchèque | Photo repro: Řečické zajímavosti,  X - XII/2018/Archives de Petr Hanzlík

Les aptitudes des chiens de montagne tchèques ont été mises à l’épreuve non seulement lors de compétitions, mais surtout lors d’expéditions. Après les premiers tests sur le territoire tchèque, dans le massif de la Šumava et les monts des Géants, la première expédition s’est rendue dans les Basses Tatras, en Slovaquie, en 1982. Là, le groupe mené par Petr Hanzlík – le Tchèque à l’origine du pedigree –a testé non seulement les chiens de montagne tchèques, mais aussi les équipements et le matériel adaptés à des expéditions beaucoup plus longues et exigeantes. Ensuite, véritable test pour les chiens et les hommes, deux expéditions ont été organisées en Union soviétique, la première en 1989 dans l’Oural polaire, suivie d’une expédition dans la région gelée du lac Baïkal. Dans les deux cas, les chiens et les hommes ont excellé, comme le raconte Vladimíra Tichá avec une anecdote personnelle :

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

« Récemment, j’étais à la montagne, du côté de Bruntál, avec mon mari, et nous nous sommes arrêtés dans un restaurant où il y avait des photos d’un chien de montagne tchèque sur le mur. J’ai dit au propriétaire : ‘Mais c’est un chien de montagne tchèque que vous avez-là !’ Il était surpris que je le reconnaisse, car ce n’est pas une race de chien très prisée. Il s’est assis avec nous et a apporté un journal de bord qui racontait comment il avait participé à une expédition au lac Baïkal avec des chiens de montagne tchèques. Il a dit qu’il y faisait 40 degrés en dessous de zéro, et que la plupart des races couramment utilisées comme chiens de traîneau pouvaient à peine marcher. Mais notre chien de montagne tchèque, lui, il les devançait tous. »

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

Chien de trait polyvalent

Initialement créé pour l’attelage, si porter ou tirer des charges n’est pas un problème pour lui, le chien de montagne tchèque a aussi fait ses preuves en réalisant des tâches bien différentes : ainsi il est utilisé dans l’agriculture comme chien de troupeau, mais il peut aussi être un bon chien de sauvetage et un bon pisteur. Il se distingue également dans les activités d’obéissance et d’agility, et sa nature amicale fait de lui un partenaire idéal en canisthérapie.

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

Chien véritablement polyvalent, donc, le chien de montagne tchèque joue par ailleurs de plus en plus le rôle d’animal de compagnie – à condition que son maître soit de nature plutôt active, car qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, le chien de montagne tchèque ne vous laissera certainement pas vous prélasser devant la télévision. Enfin, le « českohorák », comme il est appelé familièrement, est un bon chien de garde. Vladimíra Tichá :

« Le chien de montagne tchèque est très attaché à son maître, dont il assure parfaitement la garde. Si vous habitez un endroit isolé et que vous avez un chien de montagne tchèque, vous n’avez pas à avoir peur de vous faire cambrioler : votre chien monte la garde. C’est un pedigree dont on attend de voir ce qu’il va devenir, car il n’est pas reconnu par la Fédération cynologique internationale, et il ne remplit actuellement pas les conditions nécessaires à une éventuelle reconnaissance. »

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

Reconnaissance sous conditions strictes

En effet, pour qu’une race soit officiellement reconnue à l’échelle internationale, elle doit remplir des conditions très strictes, comme l’explique Vladimíra Tichá :

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová

« Pour qu’une race soit qualifiée de nationale, il suffit qu’elle voit le jour dans un Etat donné. Cependant, entre le moment où quelqu’un décide d’élever une nouvelle race nationale et sa reconnaissance par la Fédération cynologique internationale (FCI), le chemin est long, car les conditions sont très strictes aujourd’hui. Il faut que soient élevés 1000 chiots, et des rapports officiels sur la santé de la race doivent être fournis. Il faut que les familles de chiens soient non apparentées, il faut prouver le caractère et présenter la norme de la race, c’est-à-dire indiquer à quoi elle doit ressembler. Une reconnaissance internationale signifie ensuite que la race peut être élevée dans tous les pays membres de la FCI. C’est important, bien sûr, car sinon le pedigree n’est élevé que là où l’organisation l’autorise. Certains pays qui ont des races non reconnues par la FCI ; néanmoins, l’éleveur de la race est forcément très désireux d’obtenir une reconnaissance internationale. A l’heure actuelle, il existe plus de 360 races dans la nomenclature de la Fédération cynologique internationale. »

Le chien de montagne tchèque, donc, n’est pour l’instant que « race nationale ». A l’heure actuelle, quelque 200 individus sont recensés.

Le chien de montagne tchèque | Photo: Anna Rožňová
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