D'Ostrava à Kigali, en passant par Paris : le parcours atypique d'une franco-tchèque

Lucie Štembírková, photo: Kenneth Nkusi

Direction le Rwanda aujourd'hui, un pays tristement associé au génocide des Tutsis au début des années 1990 mais qui, aujourd'hui, fait partie des plus dynamiques du continent africain. C'est là que Lucie Štembírková s'est installée il y a deux ans et demi. Nous avions rencontré Lucie il y a quelques années de cela à Paris - bizarrement sans l'interroger - alors qu'elle était présidente de l'Association des étudiants et jeunes professionnels tchèques en France. Née en 1986 à Ostrava, Lucie a un parcours exemplaire : section tchèque du lycée Carnot à Dijon, diplômée de Sciences Po, puis consultante dans diverses entreprises à Paris. Depuis peu, elle a également obtenu la nationalité française, concrétisant de manière officielle son affection pour l'Hexagone. Et pourtant, changement de cap radical : c'est désormais au Rwanda qu'elle fait sa vie. Elle nous a raconté son parcours de Paris à Kigali où elle mène de front son travail de consultante et un projet d'édition de livres pour enfants.

Rwanda, photo: Archives de Lucie Štembírková

« Cela faisait un moment que j'avais envie de partir en Afrique. Pour moi, c'était un continent où tout était possible, tout était en mouvement, avec énormément d'opportunités. Ça m'attirait pour cette raison. J'avais cette idée en tête depuis une dizaine d'années, sans sauter le pas, car ce n'était jamais le bon moment. Il se trouve que fin 2017, j'avais fini un programme de reconversion à Paris. J'avais donc le choix, je n'avais pas de travail stable. Donc soit je cherchais un emploi à Paris, soit je sautais le pas et je partais en Afrique. Je ne connaissais pas du tout le continent, je n'y avais jamais été avant, donc je pensais ne pas pouvoir obtenir un contrat de travail directement. Je me disais qu'il serait plus simple de partir avec un contrat de bénévolat. J'avais sondé des amis sans trop y croire. Mais très vite, en deux semaines, j'ai eu plusieurs pistes sérieuses : une au Bénin, une autre au Sierra Leone, et une encore au Rwanda. J'ai fini par choisir le Rwanda parce que ce contrat de bénévolat était pour un incubateur de start-ups. Avant, j'avais fait du conseil, c'était donc une transition logique. Je savais que sur le continent il y a énormément de PME et de start-ups. Ça me semblait extrêmement intéressant de travailler dans ce milieu. Tout ce processus a pris trois mois entre le moment où je me suis décidée et celui où je suis partie. »

Quels ont été vos débuts après votre installation ?

Lucie Štembírková, photo: Kenneth Nkusi
« Mon arrivée et mon installation se sont très bien passées. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais très vite j'ai vu que le Rwanda était un très bon pays pour moi, pour ma découverte de l'Afrique. C'est un pays qui ne correspond pas aux clichés qui peuvent exister sur l'Afrique. C'est un pays organisé, très propre, en tout cas à Kigali c'est le cas, c'est un pays où il y est très facile de créer une entreprise, de faire du business. C'est un pays où il n'y a pas le niveau de corruption que l'on peut avoir dans d'autres pays africains. Je pense que c'est donc un pays assez facile pour un Européen qui vient s'installer en Afrique. Je pense que si j'avais atterri à Nairobi, j'aurais eu une expérience totalement différente. »

« J'ai donc entamé mon bénévolat dans l'incubateur de start-ups. C'était une bonne porte d'entrée, ça m'a permis de connaître beaucoup de gens, de créer mon réseau. Et c'est grâce à cette société que j'ai trouvé mon travail actuel. Un des clients de cet incubateur était un ex-employé de Karisimbi Business Partners pour qui je travaille aujourd'hui. J'avais mentionné mon expérience de conseil à Paris, il savait qu'ils cherchaient des managers chez Karisimbi et il m'a mise en lien avec eux. C'est ainsi que tout a commencé. Entre temps j'avais créé ma propre entreprise de conseil et d'édition de livres, on y reviendra, parce que c'était plus facile pour obtenir un visa business que si j'avais été seulement employée. Sinon vous devez toujours prouver qu'il n'y aurait pas de Rwandais qui pourraient faire le travail à votre place. Un peu comme ce qu'il y avait en Europe avant Schengen. »

Vous travaillez actuellement pour une société rwandaise de conseil - dans quel domaine ? Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ?

« C'est une entreprise de conseil fondée par des Américains il y a dix ans. Elle est certes américaine à la base, mais il est rwandaise dans le sens où elle n'existe qu'au Rwanda et qu'elle est extrêmement locale. La moitié de l'équipe est rwandaise, l'autre moitié, ce sont des expatriés et je suis la seule européenne. C'est une entreprise de conseil de management et en stratégie destiné aux entreprises. On fait des plans stratégiques pour des entreprises rwandaises, très rarement des entreprises internationales. C'est pour de grosses entreprises et aussi des PME. Nous sommes la seule entreprise locale au Rwanda. Il y en a d'autres, des internationales, mais qui ne sont pas sur le même créneau que nous. »

Photo illustrative: Gerd Altmann/Pixabay, CC0
« Personnellement j'ai travaillé pour une entreprise d'informatique, pour un laboratoire médical, pour une banque, pour une institution de micro-finance. C'est très varié et ce qui est bien par rapport à ce que je faisais à Paris, c'est que nous ne sommes pas spécialisés dans un secteur puisque le marché est tellement petit. Ça permet d'avoir des expériences très variées. »

« Parfois nous faisons aussi des projets d'aide au développement car il y a encore beaucoup d'argent investi dans ce type de projets. Ce sont des projets menés par différentes agences de développement comme US Aid. En ce moment je gère un projet assez gros, sur trois ans, d'aide à l'export. L'idée est d'aider une quarantaine d'entreprises sur trois ans, à augmenter leur export. On les aide à trouver des financements, on prépare un plan stratégique pour qu'ils sachent quels pays prioriser. En tout cas, c'était le cas jusqu'à récemment : avec le coronavirus, il y a des chances que ce projet soit totalement remodelé. Mais on n'en est pas là donc on essaye toujours de les aider à exporter. »

Kigali, photo: Kenneth Nkusi

Le Rwanda est toujours associé dans l'esprit de beaucoup au terrible conflit qui a opposé Hutus et Tutsis au début des années 1990 et au génocide - est-ce que le long processus de réconciliation à l’œuvre est quelque chose que vous ressentez dans votre quotidien ?

'Gacaca', photo: Scott Chacon, CC BY 2.0
« La réponse n'est pas facile, mais non, je ne le ressens pas au quotidien. Je trouve que le Rwanda a fait du bon travail depuis 26 ans. Quand vous vous rendez compte dans quel état le pays était en 1994 et dans quel état il est aujourd'hui, c'est assez spectaculaire... Je trouve que le gouvernement a bien géré la transition et le processus de réconciliation en fait partie. Le Rwanda s'est assez rapidement dit après le génocide que ça ne servait à rien d'envoyer la moitié de la population en prison. Très peu de gens sont allés en prison, c'étaient essentiellement les cerveaux du génocide. Pour les autres, il y a eu les 'gacaca', des tribunaux populaires instaurés dans chaque village. Les juges étaient des membres de la communauté. Les personnes qui ont commis des actes répréhensibles mais qui avouaient pouvaient s'en sortir en faisant des travaux d'intérêt général, en aidant les survivants etc. C'est une manière comme une autre de gérer cette situation, il n'y a pas de 'bonne' approche tellement c'est sensible et difficile. En l’occurrence ça a vraiment permis aux communautés de continuer à vivre ensemble. Il n'y avait pas d'autres solutions, les communautés sont très petites ici, assez proches. Il fallait s'assurer que les deux puissent vivre ensemble. »

« Une autre chose a contribué à cette réconciliation : aujourd'hui, on n'a pas le droit de dire qui ont est, de quelle ethnie on est, pour ne pas approfondir ces divisions. Cela peut être critiqué, mais ça marche plutôt bien au Rwanda. Puis, le pays se souvient aussi tous les ans des événements, comme ces temps-ci en avril. Il y a une centaine de jours de commémorations. Les gens voyagent pour voir leur famille dans leurs villages, il y a des discussions partout. Ça donne la possibilité pour exprimer des choses : la tristesse d'avoir perdu quelqu'un, les remords, les questionnements. Avoir cet espace-là tous les ans, c'est vraiment intéressant, même si cette année c'est un peu différent en raison du coronavirus. Il n'y a pas eu de gros événements, mais les gens essayent de vivre quand même ce moment-là même s'il n'est pas possible de se déplacer. »

Lucie Štembírková, photo: Archives de Lucie Štembírková

Si le Rwanda est bien connu des Français notamment à cause du rôle plus que trouble qu'a joué Paris à l'époque, c'est un pays qui semble bien éloigné des soucis et de l'intérêt des Tchèques - comme d'ailleurs une bonne partie de l'Afrique. Vos amis et connaissances tchèques restés au pays vous sollicitent-ils pour en apprendre davantage ?

« Oui, effectivement j'ai bien vu les différences de réactions entre mes amis et ma famille tchèque et mes amis français. Quand j'ai annoncé que je déménageais en Afrique, il y avait clairement moins d'appréhension et plus de compréhension du côté de mes amis français. En ce qui concerne la famille et les amis en Tchéquie, j'avais beaucoup expliqué ma décision parce que les gens ont quand même beaucoup de clichés sur l'Afrique, et le Rwanda ne correspond pas à ces clichés. Puis, ce que j'ai fait c'est que j'ai fait une espèce de newsletter mensuelle, qui est depuis devenue trimestrielle, avec des photos, des descriptions, pour continuer cette forme de pédagogie à l'intention de mes amis tchèques, mais aussi français (j'en fais deux versions!). J'ai trouvé cela intéressant au début notamment : j'écrivais ce qui me surprenait, j'avais encore ce regard d'étrangère arrivant dans un nouveau pays, aujourd'hui c'est un peu différent puisqu'il n'y a plus grand-chose qui me surprenne. Cela fait deux ans et demi que je vis ici et mon compagnon est rwandais. Je trouve que cette newsletter était vraiment une bonne manière d'aider ma famille à comprendre la réalité du Rwanda. »

Vous êtes par ailleurs à l'origine d'un projet particulièrement intéressant, une maison d'édition appelée Les contes de l'éléphant où vous créez des livres de contes pour enfants originaux car personnalisés. Comment est née l'idée ?

Photo: Archives de Lucie Štembírková
« C'est un projet intéressant parce qu'il relie les trois pays dans lesquels j'ai vécu : la République tchèque, la France et le Rwanda. Initialement, une maison d'édition tchèque appelée L'éléphant bleu m'avait contactée quand j'habitais à Paris et que j'étais présidente de l'Association des étudiants et des jeunes professionnels tchèques. Ils cherchaient quelqu'un pour lancer l'idée en France. J'ai toujours aimé les livres, j'ai toujours lu et toujours voulu travailler dans une maison d'édition. J'ai donc lancé le concept en France sous le nom Les contes de l'éléphant. Deux ans après, au Rwanda, j'ai continué cette collaboration avec la maison d'édition tchèque. Ici, je travaille avec une autre maison qui s'est occupée de toute la partie édition. Moi je gère les relations avec la maison d’édition tchèque qui imprime les livres qui sont ensuite vendus ici. Ce sont des livres assez particuliers appelés en tchèque 'leporelo', en accordéon, donc c'est un peu spécial en termes d'impression. On ne peut pas faire cela au Rwanda. »

Quel est le principe de base ?

« Ce sont des livres qui sont commandés en ligne. Pour la version française c'est sur https://conteselephant.fr/fr/. Vous remplissez des informations sur l'enfant à qui vous voulez offrir le livre : le prénom de l'enfant, la ville où il habite, dans certains cas on peut rajouter le nom d'un de ses amis. Le principe c'est que le prénom et la ville de l'enfant apparaissent dans le texte. Le livre est personnalisé avec ces informations de l'enfant. Dans certains livres on peut rajouter une photo de l'enfant. C'est un chouette cadeau d'anniversaire ou de Noël. D'ailleurs ce sont les commandes de Noël qui sont les plus importantes. C'est un concept qui existait en France depuis plus longtemps, en Tchéquie c'est L'éléphant bleu qui a lancé l'idée dans le pays. En France, il existe pas mal d'autres maisons d'édition qui le font aussi. »

Combien de livres avez-vous créés ? Et lesquels ? Qui sont les auteurs ?

Source: Contes de l’éléphant
« Pour le moment on a sept livres en France, et quatre sont en préparation. Au Rwanda, on n'en a qu'un seul pour le moment. C'était assez compliqué à mettre en place. Pour le livre rwandais, le texte a été fait par la maison d'édition avec laquelle je collabore, ainsi que les illustrations. J'ai traduit le texte en français, puis il a été traduit en kinyarwanda. Donc il y a trois versions : anglais, kinyarwanda et français, les trois langues officielles du Rwanda. Pour les livres en France, ils ont tous été écrits par des auteurs tchèques et traduits en français. Ça a été assez intéressant parce qu'il y a des attentes différentes selon les parents en France et en République tchèque. Donc le fait de traduire simplement une histoire ne suffit pas, car il y a deux contextes très différents. En République tchèque, on a les 'pohádky', un concept qui n'existe pas vraiment en France. C'était intéressant de travailler dessus pour que le texte soit aussi attractif pour le public français. »

Quels ont été les échos de vos jeunes clients (et de leurs parents) ?

« On n'a eu que des réactions positives : en France, on reste une très petite entreprise donc on vend peu de livres. C'est assez compliqué vu que je n'y habite plus. Mais les gens sont en général très contents et trouvent que c'est un très chouette cadeau. J'ai trouvé que c'était un travail très gratifiant. Tout se passe en ligne, mais j'ai eu beaucoup de réactions de parents via e-mail, ou via des commentaires sur le site. Au Rwanda, les réactions sont aussi très positives. Ce concept n'existait pas dans le pays et le feed-back a été plus immédiat car jusqu'à récemment, on vendait les livres sur les marchés mensuels. Les parents venaient vers notre stand, nous donnaient le nom de l'enfant et nous pouvions imprimer le livre en direct. On avait déjà des pré-impressions donc c'était relativement facile pour nous de les imprimer. Mais ça impressionnait les parents donc on avait toujours des réactions enthousiastes. Le bouche à oreille a bien marché ici ! On a eu pas mal de commandes avant le confinement. Depuis, nous n'avons rien eu. On va voir comment ça se vendra après la fin des mesures restrictives. »

Le Rwanda est actuellement aussi en quarantaine, comme la Tchéquie, la France et de nombreux pays dans le monde touchés par le Covid-19. Comment gérez-vous la situation ? Comment jugez-vous la gestion de la crise par les autorités locales ?

« Je suis très contente au Rwanda. Je suis en contact avec d’autres expatriés qui me disent qu'ils n'aimeraient surtout pas être dans leur pays d'origine. On trouve que le Rwanda a pris des mesures restrictives assez tôt. Je pense que les frontières ont été fermées alors qu'il n'y avait que cinq cas, et le confinement a été imposé alors qu'il n'y en avait que dix-sept. Donc c'était au tout début. Je suis assez confiante dans la capacité des Rwandais à respecter le confinement. Même si j'avoue que quand on sort une fois par semaine faire les courses on voit quand même pas mal de monde dans les rues. La police circule dans les rues et les gens ont des amendes s'ils ne respectent pas les mesures. Il y a même des cas où les gens sont allés en prison. Tout cela fait que je trouve que c'est assez bien géré au Rwanda, surtout quand je regarde les pays environnants comme le Kenya ou l'Ouganda, où la police tire sur les gens ou utilise des gaz lacrymogènes. Au Rwanda c'est très calme. »

Kigali, photo: Kenneth Nkusi

« Une autre chose est exemplaire au Rwanda : comme dans d'autres pays africains et de pays en voie de développement, beaucoup de gens vivent de salaires journaliers, n'ont pas de contrats stables ou de salaires stables. Ces gens-là ne peuvent plus aller au travail et gagner de l'argent. Au Rwanda, des collectes ont été organisées à tous les niveaux. En termes d'organisation, vous avez des chefs locaux qui ont été responsables des collectes. Cet argent est collecté auprès des membres de la communauté. Tout le monde peut donner de l'argent, une petite somme mais aussi une centaine d'euros. Cet argent est ensuite utilisé pour acheter des vivres, du gaz, des produits d'hygiène... J'en ai vu dans mon quartier et dans d'autres aussi. Mais ça existe à peu près partout dans le pays. Ça a été incité par le président et géré ensuite par les chefs locaux. Dans le pays, les structures locales sont très dynamiques et ça sert vraiment dans des situations comme celle-ci. De même, l'eau et l'électricité sont gratuites le temps du confinement. Ça aide aussi la population la plus pauvre à s'en sortir. »

Avez-vous envisagé à un moment de rentrer en Europe, que ce soit en Tchéquie ou France ? Comment vivez-vous cet éloignement géographique en ce temps de crise sanitaire ?

Lucie Štembírková, photo: Kenneth Nkusi
« Je n'ai pas envisagé de rentrer, à aucun moment, même si l'ambassade de France envoie des mails régulièrement pour nous demander si on veut rentrer. J'ai aussi été contactée par l'ambassade de République tchèque car j'ai les deux nationalités. L'ambassade tchèque a fortement suggéré que je considère cette option-là, notamment parce qu'elle est basée au Kenya où la situation se dégrade beaucoup plus. Je ne pense pas que ce sera le cas au Rwanda. »

« Une autre raison pour laquelle je n'ai pas envie de rentrer, c'est qu'en France je n'ai plus de domicile. Il faudrait que je loge chez quelqu'un or en période de confinement ce serait compliqué. En République tchèque, il faudrait que je séjourne chez mes parents qui sont âgés et donc je pourrais les mettre en danger en passant par je ne sais combien d'aéroports. »

« Du coup cet éloignement géographique je le vis mal mais en même temps c'est assez normal : on ne rentre pas du Rwanda en Tchéquie comme quand on vit en France, où c'est possible tous les deux mois ! Ce n'est pas possible depuis l'Afrique. J'essaye toujours de rentrer deux fois par an. Je suis rentrée à Noël donc je ne suis pas encore à un moment où ça me démangerait de rentrer. Mon problème, c'est que je devais me marier au Rwanda début juillet et j'avais énormément d'invités qui devaient venir de France, de République tchèque ou d'ailleurs. Je pense qu'on va devoir décaler cet événement. Donc cette incertitude me pose problème en ce moment. Je comptais revoir tous les amis et la famille à cette occasion-là et je ne sais pas quand ça pourra avoir lieu. On espère que les frontières rouvriront en juillet ou en août. Et même si je dois faire quinze jours de confinement je pourrais peut-être aller chez mes parents et les voir un peu. »

Kigali, photo: Kenneth Nkusi