Fréquentation des salles en 2006 : le succès des comédies tchèques

Une bonne nouvelle pour commencer. Après une année 2005 calamiteuse, la fréquentation des salles tchèques a enregistré un excellent score en 2006 : 11,5 millions d'entrées contre 9,5 millions l'année précédente ! Cette hausse se traduit par une augmentation de 7 millions d'euros de recettes.

Citons d'abord les grands succès tchèques de l'année écoulée. Des 20 films distribués, 3 comédies ont rejoint le box-office général. Tout d'abord, le premier film du réalisateur Jiri Vejdelek, « Ucastnici zajezdu » (Holiday Makers). Adapté du roman de Michal Viewegh, auteur de plusieurs best-sellers, ce film a été vu par 790 000 spectateurs, ce qui lui assure la première position au box-office 2006, devant tous les autres titres nationaux et internationaux. Cette histoire d'un groupe de touristes tchèques qui participent à un voyage organisé en Croatie est suivie, dans le classement général, d'une autre comédie légère : « Raftaci » (The Rafters) de Karel Janak, le nouveau tome d'une trilogie sur et pour les adolescents.

La 2e place est réservée au plus grand succès international du box-office tchèque, à « L'Age de glace 2 » (Doba ledova-Obleva) qui a vendu quelque 670 000 billets d'entrée.

Le 3e succès tchèque de l'année 2006 s'appelle « Jak se kroti krokodyli » (Timing Crocodiles). C'est une comédie à savourer en famille, signée de la réalisatrice reconnue, Marie Polednakova. Ce film a séduit 608 000 spectateurs. Suivent alors les grosses productions américaines, comme le nouvel opus des « Pirates des Caraïbes », « Da Vinci Code » ou « Cars ».

« Kraska v nesnazich »
Vous écoutez la chanson phare de « Kraska v nesnazich » (Beauty in Trouble) de Jan Hrebejk, un des films tchèques les plus attendus en 2006. Récompensé aux festivals américains de Denver et de Santa Barbara, ce film semble marcher beaucoup mieux à l'international que dans son pays, où il n'a attiré que 300 000 spectateurs (8e place dans le classement général), depuis sa sortie en septembre dernier. Par ailleurs, Anna Geislerova, qui a, en RT, l'aura d'une véritable vedette et qui incarne le rôle titre dans Beauty in Trouble, a été invitée au Festival de Berlin, organisé du 8 au 18 février. Parmi les jeunes acteurs européens de talents qui se sont présentés, ces dix dernières années, aux professionnels et aux médias à Berlin, dans le cadre du programme Shooting Stars, c'est justement Anna Geislerova qui aurait remporté le plus de succès.

Le 57e Festival international de Belin a fait cette semaine la une des pages culturelles de tous les quotidiens nationaux. La raison est simple : après une pause de dix-sept ans, un film tchèque, en l'occurrence « Moi qui ai servi le roi d'Angleterre » de Jiri Menzel, est enfin en compétition. A cette occasion, le journal Hospodarske noviny dresse la liste des moments les plus forts du cinéma tchèque contemporain sur la scène internationale. « Le fait que ce soit justement Jiri Menzel qui a brisé le silence berlinois » écrit le journal, « en dit beaucoup sur la manière dont le cinéma tchèque est perçu à l'étranger. Les réalisateurs de la Nouvelle vague, dont Menzel fait partie, jouissent aujourd'hui encore, d'une excellente renommée parmi les professionnels. Mais après - comme s'il n'y avait plus rien.... Le film tchèque comme une catégorie à part dans le contexte européen, a disparu dans les années 1970 », constate le journal, non sans amertume.

« Stesti »
Il existe évidemment des exceptions : à titre d'exemple, « Stesti » (Something like Happiness) de Bohdan Slama, primé à San Sebastian, Angers, Athènes et Montréal et distribué également en France. Mais, comme le remarque Hospodarske noviny, « Stesti », une histoire de plusieurs familles vivant dans une région dévastée par l'industrie communiste, « Stesti » donc renoue, lui aussi, avec les principes de la Nouvelle vague. Tout comme les autres films de la jeune génération de cinéastes, remarqués par la critique et le public : « Samotari » (Les solitaires) de David Ondricek, « Navrat idiota » (Le Retour de l'Idiot) de Sasa Gedeon, primé à Sao Paolo, « Divoke vcely » (Les abeilles sauvages), le premier opus du réalisateur de « Stesti », ou encore les films de la réalisatrice Alice Nellis « Ene Bene » et « Vylet » (Cendres et cachotteries), ce dernier étant, lui aussi, auréolé à San Sebastian.