Le discours de Vaclav Havel a rencontré peu d'échos

Le discours de Vaclav Havel, photo: CTK

Le 1er janvier, le Président tchèque, Vaclav Havel, a prononcé son discours traditionnel du Nouvel An. Magdalena Segertova rappelle ses grandes lignes et apporte les premières réactions de la scène politique tchèque.

Le discours de Vaclav Havel, photo: CTK
Les élections législatives et régionales qui auront lieu, cette année, en République tchèque, le sommet de l'OTAN, qui se tiendra, en automne prochain, à Prague, les derniers préparatifs à l'entrée du pays à l'Union européenne et, enfin, une réflexion sur les attentats terroristes du 11 septembre... Voici, en gros, les sujets que Vaclav Havel a évoqué le premier jour de l'an 2002, qui sera, d'après lui, extrêmement important pour la vie des Tchèques. Le chef de l'Etat a même parlé d'un tournant dans l'histoire contemporaine du pays : dans les élections de 2002, l'avenir de la République tchèque sera en jeu. Ses habitants auront un choix. Soit ils voteraient pour une société civique et ouverte, permettant à chaque Tchèque d'influencer le destin de son pays, soit ils donneraient leurs voix à un petit groupe de politiciens qui, depuis plusieurs années, domine l'économie, la politique et les médias tchèques. "Les capitalistes mafieux", selon les termes de Vaclav Havel. "Le Président n'a pas cité un seul nom, mais il est clair qu'il a critiqué ce groupe puissant qui avait conclu l'accord d'opposition", a dit le politologue Bohumil Dolezal. Autrement dit, les partis politiques les plus forts du pays, l'un de gauche et l'autre de droite : la social-démocratie au pouvoir et le Parti civique démocrate, en tête de l'opposition. Les réactions de leurs dirigeants ? Le chef du cabinet social-démocrate, Milos Zeman, a trouvé, d'après ses propres mots, plus intéressant de discuter avec les journalistes charmantes de la TV Nova que d'écouter les propos du président de la République. Vaclav Klaus, Président de la Chambre des députés et du Parti civique démocrate (ODS), lui aussi, était très avare de ses paroles. Il a seulement dit : "Lorsque Monsieur le Président parle d'hommes politiques, il dit toujours 'eux'. Mais lui non plus, il ne peut pas se détacher de l'univers de la politique". Les autres représentants de l'ODS et de la social-démocratie ont, pour la plupart, avoué ne pas avoir écouté le discours du Président, ou alors, ils ont trouvé ses idées trop floues. Seule la coalition des quatre partis, un autre favori, peut-être, des élections de 2002, les a appréciées. Il faut dire que les principaux quotidiens tchèques ne fourmillent pas de commentaires à ce sujet non plus. Miroslav Korecky du journal Lidove noviny a écrit : "Aujourd'hui, on sait à l'avance quels sujets Vaclav Havel va aborder dans ses discours, on sait qui sera critiqué. On attend une seule chose : à quel point son style sera mordant."

Auteur: Magdalena Segertová
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