Le Premier ministre parle-t-il trop ?

Milos Zeman

Le Premier ministre tchèque, Milos Zeman, a, souvent, tendance à faire des déclarations quelque peu choquantes. Sa dernière déclaration de ce genre concerne le président de la Chambre des députés, Vaclav Klaus. Une nouvelle affaire par Alain Slivinsky.

Milos Zeman
Le quotidien national, Lidove noviny, consacre toute une page à « l'affaire » déclenchée par les déclarations du Premier ministre, Milos Zeman, dans une interview diffusée, lundi, par la BBC. Le chef du gouvernement a déclaré en ce qui concerne sa rencontre avec le commissaire pour l'intégration européenne, Günter Verheugen : « Je ne voudrais pas citer, à titre gratuit, les paroles de Günter Verheugen qui, en plus, n'ont pas été prononcées publiquement, par lesquelles il déclare que si Vaclav Klaus devenait Premier ministre du gouvernement tchèque, la République tchèque ne deviendrait pas membre de l'Union européenne ». On sait que le Premier ministre tchèque, Milos Zeman, ne mâche, souvent, pas ses mots, mais dans le cas présent, on se demande s'il n'a pas fait cette déclaration intentionnellement. La position du leader de la principale formation d'opposition, au Parlement tchèque, et président de la Chambre, Vaclav Klaus, à l'égard de l'Union européenne, est bien connue :
Vaclav Klaus
Klaus est un eurosceptique, et il ne fait pas bon ménage avec Verheugen, non plus. En dernier lieu, Vaclav Klaus a élevé la voix contre la politique de sécurité commune de l'Union européenne et contre le discours du Premier ministre français, Lionel Jospin. Cette voix n'a pas été très perçue, à Bruxelles ou à Paris. Un certain manque de tact du Premier ministre tchèque pourrait être une réponse - spécule un peu le quotidien Lidove noviny. Et les trois intéressés dans l'affaire ? Vaclav Klaus demande une preuve que Günter Verheugen a bien fait la déclaration incriminée. Ce dernier se refuse à tout commentaire sur ce qu'il dit en privé aux Premiers ministres. Milos Zeman, comme il est de son habitude, se tait. Conclusion faite par le porte-parole de Günter Verheugen, Jean-Christophe Filori : « La Commission européenne n'a aucunement l'intention de se laisser entraîner dans les problèmes des pays candidats ».