Les acteurs de la crise politique à la recherche des compromis

Mirek Topolánek, foto: CTK

Quels rebondissements sur la scène politique tchèque, six jours après la chute du gouvernement de Mirek Topolánek, provoquée par le vote de la motion de censure ?

Jiří Paroubek, photo: CTK
Organiser des élections anticipées en automne prochain. Voilà la décision que les leaders des deux principales formations politiques dans le pays, le Parti civique démocrate (ODS), et le Parti social-démocrate (ČSSD), Mirek Topolánek et Jiří Paroubek, ont adoptée pendant le week-end écoulé, même si chacun privilégie une date différente. Ils ne sont pas arrivés en revanche à se mettre d’accord sur le visage du cabinet provisoire pour les mois précédant ces élections. Le Premier ministre sortant plaide pour un cabinet « avec mandat politique », tandis que son opposant préfère que le cabinet démissionnaire, dès qu´il aura fini la présidence de l’UE, soit remplacé par un « cabinet d’experts ». Jiří Paroubek :

«Le cabinet d’experts sans parti aurait pour tâche de se concentrer sur la lutte contre la crise, sur les préparatifs des mesures qui pourraient être utilisées par la suite par le cabinet qui sera issu des élections législatives qui se dérouleront en automne prochain ».

Mirek Topolánek, photo: CTK
Le départ du ministre de l’Intérieur Ivan Langer et de la procureur générale Renata Vesecká sont en outre les conditions requises par les sociaux-démocrates, mais qui sont difficilement acceptables par le camp opposé. Les négociations qui se poursuivent dès ce lundi par les représentants des partis représentés au Parlement s’annoncent donc difficiles. On estime toutefois que les deux principaux protagonistes, Mirek Topolánek et Jiří Paroubek, voudront trouver tant bien que mal un compromis, ne serait-ce que pour amoindrir le rôle du président Václav Klaus et pour lui empêcher de tirer les ficelles comme bon lui semble. D’autant que la ratification du Traité de Lisbonne, dont le président de la République est un adversaire farouche, demeure toujours en jeu.

Peut-on s’attendre le cas échéant même à une sorte d’un nouvel « accord d’opposition » entre les deux grands partis, l’ODS et le CSSD, à l’instar de celui de l’an 1998, voire à la formation d’une grande coalition ? Certains observateurs estiment qu’un tel scénario est possible, même si les principaux acteurs des turbulences politiques en cours refusent une telle éventualité.