Passeport vaccinal : un sésame attendu en Tchéquie

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La Commission européenne a dévoilé cette semaine sa proposition législative de « passeport vaccinal » permettant aux citoyens européens de circuler librement sur le territoire de l’UE. A Prague, on accueille positivement cette idée, alors que la Tchéquie fait partie de ces pays dont une partie de l’économie est également liée au tourisme, quasi à l’arrêt depuis le début de la pandémie.

Depuis le début de la vaccination contre le Covid et à quelques mois des vacances d’été, la question des déplacements se fait de plus en plus pressante. Dans cette optique, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé mardi de mettre en place un document baptisé « certificat vert numérique », qui offrirait une approche unifiée au niveau européen.

Le principe ? Ce certificat serait doté d’un code QR à présenter lors des contrôles aux frontières sous forme numérique ou sur une feuille de papier pour les personnes n’ayant pas de smartphone. Il concernerait tous les déplacements transfrontaliers quel que soit le moyen de transport. L'Union européenne veut mettre en place à travers ce certificat une « preuve qu'une personne a été vaccinée, a guéri récemment du Covid-19 ou a reçu des résultats négatifs à son test ».

'Passeport vaccinal',  source: Commission européenne

Ces précisions sont importantes car au rythme actuel où va la vaccination, que ce soit en Tchéquie ou dans d’autres pays également retardataires, il est déjà clair que la couverture vaccinale ne sera pas suffisante d’ici l’été.

La question des vaccins acceptés ou non est également importante puisque certains Etats comme la Hongrie vaccinent leurs citoyens avec les vaccins russe ou chinois. On écoute Věra Jourová, vice-présidente tchèque de la Commission européenne et également Commissaire en charge des valeurs, de la transparence et de l’état de droit :

Věra Jourová | Photo: Michaela Danelová,  ČRo

« Les règles européennes disent que seront reconnus les vaccins autorisés par l’Agence européenne du médicament et que chaque Etat membre peut ensuite décider s’il reconnaît d’autres vaccins. Je pense que notre certificat est une bonne nouvelle pour tout le monde et un pas en avant pour toutes les personnes qui vivent du tourisme. »

Pour le ministre des Affaires étrangères Tomáš Petříček, ce passeport est une bonne nouvelle pas seulement pour le secteur du tourisme, mais aussi pour les échanges commerciaux, les voyages d’affaires ou les visites familiales en Europe. Le chef de la diplomatie tchèque espère qu’un accord entre tous les Etats membres sera trouvé :

Tomáš Petříček,  photo: Archives du Gouvernement tchèque

« De mon point de vue, il faut que ce passeport soit valable dans toute l’Union européenne, afin que l’on puisse à nouveau respecter les droits fondamentaux de ses citoyens, c’est-à-dire la liberté de circuler au sein de l’Union. »

Prévu pour être mis en place au mois de juin, cet instrument n’a toutefois pas vocation à être permanent : « gratuit et temporaire », il ne doit durer que jusqu’à la fin de la crise sanitaire, a fait savoir la Commission européenne tout en précisant que la protection et la confidentialité des données de santé, sensibles par excellence, seront « garanties ».

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Du côté des agences de voyage tchèques, on se frotte les mains, puisque ce certificat permettra d’éviter les quarantaines contraignantes à l’arrivée dans un autre pays et qui, bien sûr, découragent les touristes. En tout cas, pas pessimistes pour un sou, de nombreux Tchèques ont déjà réservé leurs vacances d'été via des agences de voyage. D'après le site iRozhlas.cz, les agences ont déjà vendu des milliers de billets pour des destinations ensoleillées comme la Grèce, l'Egypte, l'Espagne ou la Turquie. Et le certificat pourrait également relancer le tourisme en Tchéquie, alors qu’à Prague, destination européenne phare, le secteur touristique subit de plein fouet les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus.