Presse : ministre de la Santé/ médecins militaires/ opposition de droite/ voyages

Roman Prymula, photo: Michaela Danelová, ČRo

Les retombées de l’affaire du ministre de la Santé sortant Roman Prymula sur la cote du gouvernement d’Andrej Babiš et l’aide des médecins militaires étrangers. Retour sur la fête nationale du 28 octobre. La volonté des partis de droite de former une coalition électorale. Quelques mots enfin sur le goût du voyage des Tchèques qui ne s’amoindrit pas avec la pandémie de coronavirus.

La confiance de la société envers le gouvernement d’Andrej Babiš est à son plus bas niveau. Tel est le point que l’ensemble des médias a souligné en rapport avec l’affaire du ministre de la Santé Roman Prymula, sommé de démissionner à cause du non-respect de certaines mesures de restriction qu’il a lui-même imposées. Le site novinky.cz a à ce propos noté :

« Cette cause risque d’avoir des retombées néfastes sur ce qui reste encore de la confiance des citoyens tchèques envers la capacité de l’Etat et de ses dirigeants à lutter contre la pandémie du Covid-19. Par ailleurs, ce n’est pas pour la première fois que le comportement arrogant des politiciens ébranle cette confiance. Pas étonnant que cela soit les pays comme la Norvège, la Finlande, le Danemark, l’Islande ou la Nouvelle Zélande, où la fiabilité des institutions de l’Etat est élevée, qui gèrent le mieux la crise. En Tchéquie en revanche, l’effet des recommandations imposées par le gouvernement est souvent contre-productif. »

« Cette affaire apporte de l’eau au moulin des contestataire du Covid », constate pour sa part le quotidien Právo. Un avis partagé également par le journal Deník N qui a écrit :

« La société ne respecte pas les restrictions qui sont présentées de façon souvent chaotiques. Andrej Babiš a raison en prétendant que la faute du ministre de la Santé est impardonnable, car elle approfondit la méfiance de la population envers son cabinet. Le tout au moment où les scénarios que le pays a devant lui s’annoncent sombres. »

« Le gouvernement doit tout faire pour minimiser les incidences tragiques de ses erreurs », constate le commentateur du site seznam.cz tout en admettant que les gens doivent s’aider eux-mêmes, en respectant les règles.

La méfiance mutuelle et la haine liées à l’épidémie de coronavirus divisent la société tchèque plus que jamais. C’est du moins ce que prétend un commentateur du magazine Reflex qui remarque :

« Le Covid-19 divise les familles, les couples, les amis. Les gens commencent à se détester ou même à s’attaquer physiquement. Les uns croient que le coronavirus n’existe pas, sous-estiment son danger et sabotent les mesures de restriction,  tandis que d’autres se comportent comme si la mortalité de la maladie devait atteindre jusqu’à 100 %. Un clivage qui semble être attisé par les récentes démarches chaotiques du gouvernement et par la faute du ministre de la Santé sortant Roman Prymula. »

Aide de médecins militaires

Photo illustrative: Michaela Danelová, ČRo

Le fait que le cabinet tchèque ait donné son aval à l’arrivée en Tchéquie de près de 300 médecins militaires des pays membres de l’OTAN et de l’Union européenne est une bonne nouvelle, constate l’auteur d’une note publiée dans l’hebdomadaire Respekt. « Elle confirme et pas seulement sous une forme symbolique que le pays peut compter sur ses alliés », explique-t-il avant d’ajouter :

« C’est pour la première fois depuis la chute du Rideau de fer que la Tchéquie se trouve dans une situation où elle a vraiment besoin d’aide. L’évolution de la pandémie dans le pays indique qu’à l’avenir, hélas, il lui en faudra encore davantage. Or, la présence de soldats étrangers est en ce moment la bienvenue même si l’on souhaite que le pays en ait besoin le moins possible. Par ailleurs, le rôle de l’armée lors des crises est irremplaçable. Il convient d’évoquer celui des militaires tchèques en lien avec la mise en valeur de certaines mesures anti-Covid. »

Le coût de l’opération sera couvert par les pays qui vont s’engager en Tchéquie et par le budget de l’Etat, indique Respekt.

Le 28 octobre, une fête nationale pas comme les autres

Château de Prague le 28 octobre, 2020, photo: Twitter de Jiří Ovčáček

« Le 28 octobre, une drôle de fête », titre un article publié dans le journal Deník à l’occasion de la fête nationale de ce mercredi commémorant la fondation de la République tchécoslovaque en 1918. Son auteur a écrit :

« Depuis 28 ans, nous vivons dans un Etat qui ne s’appelle plus la Tchécoslovaquie mais la République tchèque. Pourtant, la principale fête du pays n’incombe pas au jour de la fondation de cette dernière, soit le 1 janvier 1993, mais à la date de la fondation d’un Etat qui n’existe plus depuis près de trois décennies déjà. Ainsi, à la différence des Slovaques qui organisent la remise des distinctions de leur pays le jour de la fondation de leur nouvel Etat, nous continuons de sauvegarder le 28 octobre pour cette traditionnelle cérémonie. »

Cette année, la remise de distinctions à Prague n’a pas eu lieu à cause de la pandémie de coronavirus. L’occasion, selon le commentateur du journal Deník, de se pencher sérieusement sur la possibilité de commémorer la naissance de notre nouvel Etat. « Par ailleurs, le 1er janvier ne revêt pas la triste connotation liée à la date du 28 octobre qui était célébrée par le régime communiste comme le ‘Jour de nationalisation’ », remarque-t-il. Et de conclure :

« Le problème, c’est qu’à nos yeux, la République tchèque n’atteint pas la grandeur de la Tchécoslovaquie de Masaryk. Mais c’est une erreur. Notre démocratie, la sécurité de notre pays, notre niveau social et économique sont à bien des égards meilleurs. »

La droite à la recherche d’un langage commun

Photo: Kristýna Maková

Un commentaire publié sur le site info.cz s’est intéressé à la décision des trois partis de droite dans l’opposition, l’ODS, TOP 09 et KDU-ČSL, de former une coalition électorale, dans le but de battre aux prochaines élections législatives le mouvement ANO d’Andrej Babiš. Cette volonté a été déclarée dans un mémorandum que les leaders des partis en question ont signé cette semaine. Il a à ce propos précisé :

« La deuxième vague de la pandémie de coronavirus a pris le Premier ministre Andrej Babiš au dépourvu. Vu le mécontentement d’une grande partie de la population, on peut estimer qu’il aura à payer cher aux prochaines élections ses erreurs lors de la gestion de la crise. Evidemment, durant les douze mois qui nous en séparent, il pourra encore renverser la tendance actuelle via notamment une puissante campagne. Une chose est pourtant certaine. C’est qu’il se trouve dans une situation nouvelle, en perdant une partie de son aura de leader déterminé et autoritaire. Plus important encore, c’est que la concurrence de Babiš arrive à trouver enfin un langage commun, ce dont le mémorandum signé par les trois principaux partis de droite est un témoignage éloquent ».

Selon le commentateur du site aktualne.cz, la décision dont les leaders des trois partis d’opposition ont fait part la veille de la fête nationale du 28 octobre, constitue un événement local qui a une importance fondamentale.

Le goût du voyage des Tchèques

Photo illustrative: SplitShire/Pixabay, CC0

En dépit de la propagation inquiétante du virus, les Tchèques ne semblent pas vouloir renoncer à leurs habitudes de voyage. Le site hlidacipes.org a informé, par exemple, des voyages d’achat individuels ou en groupe en Saxe :

« On a affaire à une situation paradoxale. Au moment où le déplacement libre en Tchéquie est strictement réduit, il existe des dérogations à cette règle autorisant par exemple des excursions par bus à Dresde et dans d’autres villes saxones, limitées à 24 heures au maximum, ce dont les agences de voyage locales profitent largement. Un autre paradoxe : tandis que la Tchéquie a pratiquement interdit, à partir du 22 octobre, l’entrée dans le pays de voyages touristiques, les Tchèques quant à eux peuvent voyager en Saxe presque librement. »

Le journal Mladá fronta Dnes a pour sa part rapporté que les Tchèques se  réservaient d’ores et déjà massivement des séjours de vacances au bord de la mer pour la saison 2021. Contrairement à la tradition des années précédentes, ce n’est pas la Croatie mais la Grèce qui tient la vedette. « A l’heure actuelle, beaucoup de Tchèques se reposent en Bulgarie et en Tunisie », a-t-il également expliqué.