Tennis : clap de fin pour Petra Kvitová, meilleure joueuse tchèque du XXIe siècle
Comme la Française Caroline Garcia, Petra Kvitová a disputé, lundi à New York, le dernier match de sa carrière. Bien que battue dès le 1er tour de l’US Open, l’ancienne double vainqueure de Wimbledon et de six Fed Cup notamment restera considérée comme l'une des meilleures joueuses tchèques de l’histoire.
« Si cela était possible, j’aimerais encore beaucoup disputer le tournoi des légendes à Wimbledon avec Martina... » Tel a été le dernier vœu de joueuse de tennis professionnelle formulé, au micro de l’envoyé spécial de la Radio tchèque à New York, par Petra Kvitová à la sortie de son dernier match sur le circuit WTA, lundi à l’US Open, quatrième et dernier tournoi du Grand Chelem de la saison.
Qui dit « Martina » dans le milieu du tennis tchèque, dit bien évidemment Martina Navrátilová, la nonuple lauréate du prestigieux tournoi londonien :
« Oui, oui, bien sûr, c'est bien à elle que je pense... Ce serait quelque chose de magnifique ! Pouvoir jouer encore une fois aux côtés de Martina, qui est mon idole depuis que je suis toute petite, signifierait énormément pour moi... Ce qui est sûr dans tous les cas, c’est que je continuerai à jouer au tennis pour le plaisir et m’entretenir. C’est un sport magnifique que vous pouvez pratiquer à tout âge. »
À 35 ans, au bout de dix-neuf années passées sur le circuit professionnel, agrémentées de plus de 630 victoires, la joueuse tchèque la plus titrée de ces vingt dernières années, avec notamment deux Wimbledon (2011, 2014), un Masters (2011), six Fed Cup (compétition aujourd’hui appelée Billie Jean King Cup), 31 titres WTA en simple ou encore une médaille de bronze olympique (2016) au compteur, a donc fait ses adieux au tennis.
Des adieux ratés dans la forme, puisque l’ancienne n° 2 mondiale, aujourd’hui 543e, a été balayée en deux petits sets (1-6, 0-6) expédiés en moins d’une heure par la Française Diane Parry (107e mondiale). À la sortie du court, Kvitová a d’ailleurs reconnu sans peine avoir été « submergée par l’émotion » et, du coup, être passée complètement à côté d’un match au cours duquel elle a multiplié les fautes directes :
« Je dois prendre les choses comme elles sont et me dire que c’est le point final d’une grande aventure qui a duré près de vingt ans. Il me faudra prendre un peu de recul pour prendre conscience de tout ce que j’ai réalisé durant cette période. Je suis quelqu’un de très émotif, ce qui n’a pas arrangé les choses pour la préparation de ce dernier match. »
« J’étais très nerveuse depuis le matin et, maintenant que tout est passé, c’est d’abord un sentiment de soulagement qui prédomine. Mes adieux à Wimbledon en juillet dernier m’ont probablement touchée davantage, même si, là-bas, je savais aussi que ce n’était pas encore tout à fait la fin. Aujourd’hui, ça l’est pour de bon, mais cette fin, c’est quelque chose que j’ai eu le temps d’appréhender progressivement. »
Plus globalement, le deuxième retour à la compétition de Petra Kvitová, entamé en février dernier, sept mois après la naissance de son premier enfant, aura davantage ressemblé à une lente agonie qu’à une véritable tournée d’adieux. En l’espace de six mois, la Tchèque n’a en effet remporté qu’un seul des dix matchs qu’elle a disputés.
Un retour manqué en tout point, donc, qui aura contrasté avec son premier en 2017, quelques mois après l’agression perpétrée par un intrus à son domicile dont elle était sortie choquée et gravement blessée à la main gauche, celle avec laquelle elle a toujours tenu sa raquette.
« Je préfère ne plus y penser même si, c’est vrai, j’ai alors réussi à revenir en grande forme. Les médecins m’avaient dit que je n’avais que 5 % de chances de pouvoir rejouer, j’ai donc tiré le maximum de cette opportunité. J’aurais pu arrêter le tennis depuis longtemps, mais j’ai encore remporté pas mal de choses depuis 2017. D’une certaine manière, j’apprécie même ces succès davantage encore que ceux obtenus avant la blessure, car cela a été une période terrible que je m'efforce d’oublier. »
Jeune retraitée, Petra Kvitová, mariée à son entraîneur Jiří Vaněk, pourra désormais consacrer davantage de temps à son fils, Petr, qui a fêté son premier anniversaire en juillet dernier. C’est désormais aux autres joueuses tchèques, comme Karolína Muchová, Barbora Krejčíková ou encore Markéta Vondroušová, qui, dimanche et lundi, se sont, elles, toutes qualifiées pour le deuxième tour de l’US Open, qu’il appartient de continuer à briller sur les courts.






