Fin du litige sur la centrale nucléaire de Temelin

Günter Verheugen et Milos Zeman, photo: CTK

Dix heures d'âpres discussions pour arriver à un compromis sur la centrale nucléaire de Temelin, en Bohême du sud. Un bras de fer entre la Tchéquie et l'Autriche - les détails par Alain Slivinsky.

Güntera Verheugen et Milos Zeman, photo: CTK
La rencontre entre le Premier ministre tchèque, Milos Zeman, et le Chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, a eu lieu à Bruxelles, sous l'égide du commissaire à l'élargissement de l'Union européenne, Günter Verheugen. Dix heures, après son début, elle est devenue le point final du processus de Melk, un accord tchéco-autrichien qui devait conduire à la solution du problème de la centrale nucléaire de Temelin, centrale des plus controversées par la partie autrichienne. Les deux chefs de gouvernement ont signé, avec l'assistance du commissaire à l'élargissement, un accord de quatre pages qui promet à la Tchéquie la conclusion rapide du chapitre « Energétique », dans le cadre des entretiens sur son adhésion à l'Union européenne. Par ce document, l'Autriche s'engage à ne plus bloquer les négociations sur le chapitre « Energétique ». De son côté, Prague s'engage à respecter les conditions concrètes autrichiennes, en matière de sécurité de la centrale. Le commissaire européen, Günter Verheugen, a déclaré, à l'issue de cette rencontre :

« Je voudrais remercier les deux parties pour cette solution courageuse. Je suis très heureux, qu'en un an, on ait trouvé la solution des problèmes de la centrale nucléaire. La question de la coopération entre l'Autriche et la Tchéquie, dans le domaine de la sécurité nucléaire, a atteint un niveau sans précédent dans le monde, en ce qui concerne le degré d'information mutuel ».

Selon le commissaire, encore, le calendrier des entretiens sur l'adhésion de la Tchéquie à l'Union européenne peut donc être maintenu. Dans le document, qui revêt un caractère juridique, on relève sept engagements de la Tchéquie, qui feront partie du protocole d'adhésion du pays à l'Union. Quels sont ces engagements ? Fournir l'analyse de l'altération du réacteur ; tester le circuit primaire par les méthodes les plus modernes ; terminer la documentation prouvant que les équipements de sécurité les plus importants peuvent fonctionner en cas d'accident ou de tremblement de terre ; tester encore une fois la résistance aux tremblements de terre ; construire un mur de séparation entre les tuyauteries énergétiques, trop proches l'une de l'autre ; fournir le scénario des mesures prises, en cas d'accident ; fournir le certificat de la bonne fermeture des valves de sécurité du circuit secondaire, lors d'une interpénétration eau - vapeur. Commentaire de Dana Drabova, directrice de l'Office national tchèque pour la sécurité nucléaire :

« Ces engagements sont déjà en cours de réalisation ».

D'après elle, le problème n'était pas technique, mais politique. Il était, très certainement, des plus importants pour les deux pays car, lors de la rencontre de Bruxelles, le Premier ministre tchèque et le Chancelier autrichien n'ont même pas pris de déjeuner. Tout juste des casse-croûte !