La police tchèque a démantelé un gang de proxénètes

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La Brigade de répression du crime organisé vient de mettre fin aux activités d'un gang de proxénètes qui opérait sur le territoire tchèque, mais pratiquait aussi la traite des femmes avec des complices en Norvège. Plus de détails sur un impressionnant coup de filet.

Les agents de la Brigade de répression du crime organisé avaient donné le nom de Kerimo à leur opération contre l'un des plus importants gangs de proxénètes opérant en Tchéquie. Pourquoi ? Parce que les principaux protagonistes étaient issus de familles rom. Kerimo, en langue tzigane, est l'appellation d'un envoûtement conduisant une jeune fille ou femme à tomber amoureuse d'un homme. En l'occurrence, dans le cas présent, cet homme était un proxénète. En effet, les principaux acteurs de l'affaire étaient les membres de quatre familles rom qui organisaient la protitution sur tout le territoire tchèque, mais aussi en Slovaquie voisine. La police a arrêté, lors d'une opération qui a mobilisé plus d'une centaine de ses membres, 16 personnes. Informations concrêtes par Blanka Kosinova, porte-parole de la Brigade de répression du crime organisé :

« C'était une opération de grande envergure. Pendant la durée de l'enquête, de la filature des malfaiteurs, donc à peu près six mois, nous avons documenté dans les douze millions de couronnes de gain pour le gang. Ses membres sont poursuivis pour proxénétisme, trafic d'êtres humains, atteinte à la liberté individuelle, mais aussi viol. »

Le gang achetait des jeunes filles de moins de 18 ans directement aux familles roms de Bohême du Nord et du Sud surtout, éventuellement en Slovaquie. Le prix ? 10 000 couronnes, soit environ 300 euros. Elles étaient obligées de se prostituer, sept jours sur sept, par tous les temps, tout d'abord sur les routes tchèques. Elles devaient rapporter de 100 à 200 euros par jour aux proxénètes. Certaines étaient contraintes de « travailler » sous l'influence de drogues. Celles qui étaient considérées comme les meilleures prenaient, sous bonne escorte, le chemin de la Norvège, d'Oslo. Elles étaient reprises par des proxénètes arabes pour faire de nouveau le trottoir. Une enquête de longue haleine de la Brigade de répression du crime organisé, avec la participation de l'organisation La Strada qui aide les femmes qui ont réussi à échapper aux proxénètes et désirent reprendre une vie normale. Le coup de filet de la police tchèque s'est, d'ailleurs, terminé avec succès grâce à l'aide de plusieurs jeunes filles qui avaient réussi à tromper la vigilance des proxénètes. La police tchèque n'exclut pas d'autres arrestations, car elle continue la surveillance des points chauds de la prostitution sur tout le territoire tchèque.