Migrations : les représentants de près de 50 pays étaient réunis à Prague

La grande conférence ministérielle sur les migrations à Prague

Les passages illégaux via les Balkans pour entrer dans l’Union européenne ont fortement augmenté ces dernières années, a constaté Ylva Johansson, la commissaire européenne aux affaires intérieures, lundi, à l’issue de la première des deux journées de la grande conférence ministérielle sur les migrations, qui s’est tenue à Prague. Les représentants d’une cinquantaine de pays de la Grande Europe, et même un peu plus encore, étaient réunis à cette occasion.

Un peu moins de trois semaines après les deux grands sommets européens au Château, Prague aura été le théâtre, ces lundi et mardi, de l’un des autres grands temps forts de la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne. Et un mois ou presque après que les autorités tchèques ont rétabli des contrôles policiers tout le long de la frontière avec la Slovaquie, les migrations ont de nouveau été au centre de toutes les attentions lors de cette conférence dite du Processus de Prague.

Créé en 2009 lors de la première présidence tchèque, ce Processus de Prague est une organisation consultative régionale qui doit permettre de renforcer la coopération précisément dans le domaine de la gestion des migrations. Et treize ans donc après son lancement, les représentants de près de 50 pays issus de l’espace Schengen, de la région du Partenariat oriental, des Balkans occidentaux, de l’Asie centrale et de la Turquie étaient ainsi réunis dans la capitale tchèque. Parmi les participants figuraient également des dirigeants des institutions et agences européennes, dont notamment Ylva Johansson, la commissaire en charge des affaires intérieures.

Roman Vondrouš et Ylva Johansson | Photo: Roman Vondrouš,  ČTK

Ylva Johansson, justement, a été celle qui a rappelé que les passages illégaux à travers les Balkans pour entrer dans l’UE avaient triplé en l’espace d’un an et que ces migrants clandestins étaient aujourd'hui dix fois plus nombreux qu’ils ne l'étaient en 2018, soit donc trois ans après la crise migratoire qui avait divisé l’Europe en deux moitiés - Ouest et Est. Représentant de la République tchèque, le ministre de l’Intérieur Vít Rakušan a donc salué le fait que, à l’exception de la Russie et de la Biélorussie qui n’ont pas été invitées, tous les pays étaient bien présents à ce grand rendez-vous de Prague :

« Nous sommes très heureux que les pays des Balkans de l’Ouest participent au Processus de Prague. Nous avons besoin de discuter afin de pouvoir répondre ensemble aux défis auxquels nous sommes confrontés, car les chiffres des flux migratoires augmentent. Toutes les régions de l’Europe sont concernées par ces flux, y compris l’Europe centrale. Mais nous ne devons pas oublier les autres menaces que représentent l’Afghanistan après la prise du pouvoir par les Talibans, les crises humanitaires qui durent dans certaines régions ou encore les migrations qui seront la conséquence des changements climatiques ou des autres évènements dans le monde dont nous sommes actuellement les témoins. »

Les passages illégaux par les Balkans ont explosé en l’espace de quelques mois, et la diversification des routes induit des implications sécuritaires, sociales et économiques auxquelles les participants du Processus de Prague espèrent être en mesure de faire face ensemble. Sur ce point, le ministre tchèque a rappelé que l’Europe avait été capable de répondre au défi qu’avait représenté l’importante vague de réfugiés ukrainiens suite à l’agression de la Russie. Le nombre de ces ressortissants ukrainiens qui ont fui la guerre et se trouvent actuellement sur le territoire de l’UE est estimé à 4,3 millions par la Commission européenne.

Lundi, Vít Rakušan a déclaré que les ministres avaient adopté une déclaration et un plan d'action pour le Processus de Prague pour les années 2023 à 2027. De son côté, Ylva Johansson a souligné qu’il convenait d’harmoniser la politique des visas entre l’UE et les Balkans, et plus particulièrement avec une Serbie jugée trop laxiste avec les personnes en provenance de pays comme l’Inde, le Burundi ou la Tunisie, de soutenir l’agence Frontex, chargée de la protection des frontières extérieures de l’espace Schengen, ou encore d'intensifier la lutte contre le trafic illicite de migrants, autrement dit contre les filières organisées de passeurs.

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