20 ans après, le grand retour de la Tchéquie à la Coupe du monde

Pour la première fois depuis vingt ans, pour la deuxième fois aussi seulement depuis la partition de la Tchécoslovaquie, l’équipe de République tchèque de football s’apprête à disputer une phase finale de Coupe du monde. La Reprezentace fera son entrée en matière dans la compétition contre la Corée du Sud, ce vendredi 12 juin (4h00 heure d’Europe centrale). Avec les pieds bien sur terre, mais aussi l’ambition de se qualifier au moins pour les play-offs.

Miroslav Koubek | Photo: William Volcov,  Brazil Photo Press/Shutterstock/Profimedia

« Le groupe est très difficile compte tenu notamment des conditions climatiques. Mais dès le premier jour, j’insiste auprès des garçons sur le fait que nous ne sommes pas là juste pour participer, mais pour nous qualifier », promet le sélectionneur Miroslav Koubek. À 74 ans, l’ancien entraîneur notamment du Viktoria Plzeň sera le deuxième coach le plus âgé de ce Mondial, derrière le très expérimenté Néerlandais Dick Advocaat, qui à la tête de Curaçao sera de quatre ans son aîné.

Arrivé en décembre dernier en remplacement d’Ivan Hašek, remercié par l’Association tchèque de football après la défaite historique concédée deux mois plus tôt aux îles Féroé (1:2), Koubek a été l’un des grands artisans du renouveau et de la qualification « de dernière minute » des footballeurs tchèques. Après avoir terminé deuxième d’un groupe de qualification dominé par la Croatie, la République tchèque a été l’une des dernières sélections à décrocher son billet pour l’Amérique. Une qualification obtenue dans la douleur et au bout du suspense en battant l’Irlande puis le Danemark à Prague lors des barrages en mars dernier, à chaque fois après la séance de penaltys.

Vingt ans après la « « génération dorée » des Petr Čech, Pavel Nedvěd, Karel Poborský, Tomáš Rosický, Jan Koller et autres Milan Baroš, la Reprezentace, qui fait partie des pays qui profitent de l’élargissement du tournoi à 48 équipes, va ainsi donc de nouveau disputer une phase finale. Et elle espère faire mieux qu’en 2006 en Allemagne où, défaite par le Ghana et l’Italie lors de la phase de groupes, elle avait été éliminée dès le premier tour malgré alors son statut de favori.

Dans un groupe A « exotique » où tout sera possible

Cette fois, la République tchèque ne fait certainement pas figure de prétendant au titre à l'aube de cette 23e Coupe du monde de l’histoire. Elle n’en aborde pas moins la compétition avec appétit et ambition. Elle disputera son premier match contre la Corée du Sud dès ce vendredi 12 juin à Guadalajara, quelques heures seulement après le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud, qui seront ses deux adversaires suivants dans un groupe A « exotique », puisque composé de quatre sélections issues de quatre continents différents. Les Bafana Bafana sont au programme des Tchèques le jeudi 18 juin (à 18h00 heure d’Europe centrale) à Atlanta, puis ce sera au tour du Mexique dans son légendaire stade Azteca à Mexico City le 25 juin (3h00).

Source: Česká fotbalová reprezentace

Parmi les 26 noms retenus par Miroslav Koubek, tous les meilleurs joueurs tchèques de ces dernières années sont bien présents : des attaquants Patrik Schick (Bayer Leverkusen) et Pavel Šulc, révélation de la saison écoulée en Ligue 1 française sous le maillot de Lyon, au gardien Matěj Kovář, héros des barrages en mars et tout frais champion des Pays-Bas avec le PSV Eindhoven, en passant par le défenseur central et nouveau capitaine Ladislav Krejčí (Wolverhampton Wolves) ou l’infatigable milieu défensif Tomáš Souček (West Ham). À noter aussi le retour en forme après une longue blessure d’Adam Hložek (Hoffenheim), ancien grand espoir du football européen, ou la convocation surprise d’Hugo Sochůrek. À tout juste 18 ans (il les a fêtés le 7 juin), le milieu de terrain formé par le Sparta Prague sera le deuxième plus joueur de cette Coupe du monde, après le Mexicain Gilberto Mora (17 ans).

Par ailleurs, dix-sept des vingt-six joueurs qui composent l’effectif tchèque évoluent dans le championnat local, la Chance Liga, dont dix au Slavia Prague, double champion national en titre. Seules quatre sélections – le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Angleterre et l’Allemagne – comptent moins de joueurs évoulant dans des clubs étrangers. Par ailleurs, comme le Real Madrid, le Milan AC et le PSV Eindhoven, le Slavia est le 14e club comptant le plus grand nombre de joueurs participant à cette Coupe du monde.

Une équipe capable du pire comme du meilleur

Pour préparer son grand retour au Mondial, la Reprezentace a disputé deux matchs : deux victoires contre le Kosovo (2:1) à Prague le 31 mai, juste avant l’envol pour les États-Unis, puis contre le Guatemala (3:1) à New Jersey quatre jours plus tard. Depuis, les Tchèques se sont installés à Dallas, dans la chaleur du Texas, où ils ont établi leur camp de base.

Pour réussir à passer le premier tour, les Tchèques compteront sur leurs armes habituelles : une bonne organisation tactique – et d’abord défensive -, les coups de pied arrêtés ou encore une solidarité et un état d’esprit irréprochable. Autant d’éléments qui doivent leur permettre de compenser une pénurie de talents et de joueurs capables de faire la différence individuellement, et plus généralement un certain manque de créativité dans la construction du jeu.

Capable dans un bon jour de battre n’importe quel adversaire ou presque (mais aussi de perdre comme l’a prouvé sa défaite aux îles Féroé lors des éliminatoires), la sélection tchèque semble posséder le potentiel pour terminer à l’une des deux à trois premières places de son groupe qualificatives pour les 16es de finale. Si elle y parvient, tout sera alors possible pour elle, même si personne probablement ne l’imagine plus faire aussi bien que la Tchécoslovaquie de František Plánička et de Josef Masopust, finaliste de la Coupe du monde en 1934 et 1962.

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